Règles, pilules contraceptives, enceinte, ménopausée : quels impacts sur les maux de ventre et le transit ?

Il est évident que les changements hormonaux (règles, enceinte ou ménopausée) peuvent avoir un impact sur les symptômes digestifs.

hormones féminines

influences des hormones féminines sur les troubles digestifs

Je constate souvent auprès de mes patientes que leurs maux de ventres et troubles du transit augmentent juste avant ou pendant les règles. Certaines ont également vu leurs symptômes s’aggravés lors de la prise de pilule contraceptive. Enceinte, je remarque souvent qu’il y a une accalmie pour les personnes à tendance diarrhéique et une aggravation pour celles qui sont à tendance constipation ou qui souffrent de ballonnements et de nausées. La ménopause aussi peut aggraver des difficultés à aller à la selle. On sait également qu’il y a deux fois plus de femmes touchées par le syndrome de l’intestin irritable que d’hommes.

Tout cela suggère que les hormones féminines influencent les hormones digestives.

Qu’en pense la recherche?

 

On sait que les variations hormonales peuvent augmenter la sensibilité des nerfs moteurs de la fonction gastrointestinale autant chez les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable que chez les autres. Ainsi, elles peuvent augmenter l’hypersensibilité viscérale digestive connue dans le SII. De plus, les études suggèrent que le stress émotionnel induit par ces changements hormonaux peut aussi contribuer à aggraver les symptômes. Par exemple, on sait que l’hyperéactivité oestrogène-dépendante du stress peut activer le système immunitaire et altérer la fonction de barrière intestinale.

Pour conclure, bien que les changements hormonaux ne doivent pas être considérés comme la cause du développement du SII, ils peuvent influencer les symptômes. Peu d’études portent sur le sujet mais ça vaudrait peut être la peine de regarder de ce coté là afin de comprendre les mécanismes induits et peut être de trouver une solution.

Remarque importante pour les femmes enceintes:

Il est déconseillé, pour réduire vos symptômes, de prendre des médicaments, des huiles essentielles ou des compléments alimentaires sans l’avis de votre médecin et il est préférable de vous orienter vers des méthodes plus douces. Vous pourrez améliorer votre bien-être digestif par exemple en procédant à quelques changements dans votre alimentation – à condition qu’elle reste équilibrée – et/ou en pratiquant de la relaxation.

Et vous, avez-vous remarqué que vos changements hormonaux ont aggravé vos symptômes digestifs? 

Le sport : un atout ou un inconvénient pour les maux de ventre?

Je voulais rebondir sur le témoignage de Francis qui, comme beaucoup de marathoniens, souffre de troubles digestifs et chez qui l’alimentation pauvre en FODMAP a été un succés.

Tout d’abord je tenais à souligner que la pratique modérée et régulière d’une activité physique est bénéfique pour le bien-être émotionnelle (c’est un excellent anti-dépresseur naturel !), physique et pour la santé. Cela a un effet préventif sur le cardiovasculaire, l’excès de poids, l’ostéoporose, certains cancers. En ce qui concerne le système digestif, cela est prouvé pour avoir un effet préventif sur le cancer du colon et les diverticulites. Il permet également de lutter contre constipation et de limiter tous désagréments digestifs (ex: diarrhée) aggravés par le stress.

En revanche, quand la pratique d’un sport devient très intensive, cela peut engendrer des troubles gastro-intestinaux. Ainsi, 30 à 50% des athlètes souffrent de nausées, vomissements, gaz, douleurs abdominales, diarrhée  – avec parfois du sang dans les selles – pendant ou après l’effort. Or, l’apparition de ces symptômes peut avoir un impact sur les performances sportives ou la participation à des compétitions.

Qui est concerné?

Surtout les femmes -comme toujours :-( , les jeunes athlètes, les sports de longue durée et de type course à pied (ex: marathon, triathlon…).

Pourquoi les athlètes souffrent-ils plus de symptômes gastro-intestinaux?

Les mécanismes ne sont pas très clairs et des études plus approfondies sont nécessaires. Cependant, on peut dire qu’ils sont causés principalement par :

  • Une modification de la vitesse de la vidange gastrique 
  • Des modifications des sécrétions hormonales (élévation des sécrétions des hormones gastro-intestinales)
  • De la répétition ischémie et reperfusion sanguine des viscères. En effet, pendant un effort de longue durée, il y a une diminution de l’irrigation sanguine au niveau des intestins, au profit du coeur, des muscles et des poumons. Or, cette diminution de l’apport en oxygène et nutriments vers les cellules intestinales va altérer la muqueuse intestinale. Puis à l’arrêt de l’effort, les intestins sont reperfusés de sang. Or, cela va apporter brutalement de l’oxygène et des radicaux libres qui sont à l’origine d’un déséquilibre de la flore intestinale et de l’altération des cellules épithéliales de la muqueuse intestinale. Ceci aboutit à une hyperperméabilité intestinale et donc une augmentation du passage des toxines et allergènes et une l’ inflammation avec l’apparition de symptômes digestifs.

La prise de probiotiques associées à des modifications périodiques alimentaires (ex: alimentation pauvre en FODMAP et/ou pauvre en fibres/graisses saturées) peuvent aider à prévenir l’apparition de ce genre de symptômes.

 

Bien manger pour bien vivre en 5 points

Manger fait vivre, mais bien manger permet de vivre en meilleure santé.

Vous connaissez peut être la relation entre l’alimentation et les troubles digestifs, sachez qu’il existe également un lien prouvé de l’alimentation avec : le surpoids et l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète mais aussi les troubles psychiatriques et neurologiques comme la dépression et la démence (Alzheimer, hyperactivité).

Mais « bien manger » ça veut dire quoi?

Voici les 5 points essentiels pour vous sentir mieux dans votre corps et dans votre tête:

Que manger ?

Que manger ?

  1. Mangez le plus naturel possible – et qui dit naturel, ne dit pas forcément Bio ou sans goût ou long à préparer!
  2. Augmentez votre consommation de fruits, légumes, céréales non raffinées, noix, poissons, huiles riches en acides gras mono-insaturées comme l’huile d’olive ou en oméga 3 comme l’huile de colza
  3. Évitez les excès (j’insiste bien sur les excès uniquement) de viandes et charcuteries grasses et de fromages
  4. Limitez les produits industriels qui sont « bourrés » de sel, de graisses saturées ou -pire- d’acides gras trans, de sucres raffinés, d’additifs et de conservateurs qui peuvent être pro-inflammatoires, addictifs et à la source de nombreux problèmes de santé
  5. Buvez de l’alcool avec modération

Enfin, comme je le dis souvent à mes patients, manger c’est plus qu’un besoin! C’est une des 2 principales sources de plaisir universel (…#l’autre source est le sexe#) qui fait que vous, votre enfant, votre frère, votre sœur, votre chien, votre chat… êtes aujourd’hui en vit. N’oubliez donc pas de vous faire plaisir en mangeant!

 

Médicaments ou aliments? Les pouvoirs de l’alimentation

En France, nous sommes les premiers consommateurs de médicaments au monde.

Alors que la prise de certains médicaments soit indispensable et vitale pour certains d’entre vous, nombreux d’entre eux pourraient être limités ou évités en mangeant mieux ou différemment (avec l’accord de votre médecin).

Modifier sa façon de manger demande, bien sûr, plus d’effort que de prendre une pilule avec un verre d’eau mais c’est un service que vous vous rendez ou rendriez. Comme vous le savez un médicament n’est pas anodin et peut avoir des effets secondaires  plus ou moins inconfortables ou dangereux. Rappelez-vous les scandales sur le Médiator, les Statines, le Di-antalvic, le Vioxx….!

Les pouvoirs de l’alimentation:

Hippocrate avait raison en disant « Que l’alimentation soit ta 1ère médecine! ».

En effet, bien manger ou manger différemment peut aider à  :

– Prévenir les cancers digestifs, les maladies cardiovasculaires, le diabète, les troubles du cholestérol, des triglycérides ou d’ostéoporose

– Retrouver un bien-être digestif : en diminuant les ballonnements, les excès de gaz, et en régulant les troubles du transit (diarrhée et constipation)

– Améliorer la qualité du sommeil,

– Lutter contre la fatigue,

Réguler le poids pour maigrir ou, à l’inverse, corriger des problèmes de perte de poids ou de dénutrition

L’alimentation peut-être donc être un remède naturel pour vivre en meilleure santé et en meilleur forme. A l’inverse mal manger ou supprimer plusieurs aliments ou groupe entiers d’aliments peut être dangereux pour votre santé s’ils ne sont pas substitués par des aliments nutritionnellement équivalents. Il est important également de noter qu’il est indispensable que manger reste un PLAISIR quelque soit l’alimentation ou le régime suivi !

Faites le tri !

Nous mangeons tous les jours. Ce n’est donc pas étonnant que tout le monde ait son avis sur la question. Cependant beaucoup de fausses idées reçues sont véhiculés sur internet, dans les livres ou par des personnes mal-informées et non formées. Combien de fois j’ai entendu par exemple que les féculents ou le chocolat faisaient grossir, que les yaourts à 0% faisaient maigrir, que les produits laitiers présenteraient des dangers pour la santé, que le régime sans gluten soignait tous types de maux ou maladies, qu’il faut éliminer toutes les graisses ou toutes les crudités quand on a les intestins sensibles ou qu’il est interdit de manger des oeufs quand on a du cholestérol, que faire attention à ce qu’on mange est frustant et fade…. Tout cela est faux ou non prouvé.

Dans un soucis de santé, de prévention ou d’aide à la régulation de problèmes de santé, d’amélioration de votre bien-être, ou tout simplement pour faire le tri dans les millions d’information sur l’alimentation, je vous conseille de consulter une personne qui a fait de la nutrition, son métier, comme un médecin nutritionniste ou un diététicien-nutritionniste.

 

 

Manger différemment mais pas au prix de ma santé

Comme l’illustre bien le MyPlate® mis en place par le gouvernement américain, un repas équilibré est normalement composé de :

  • Mon assiette équilibrée1 portion de légumes (cuits/crus)
  • des féculents, pains et équivalents suivant l’appétit
  • 1 portion de viandes, poissons, oeufs
  • 1 produit laitier
  • 1 portion de fruits

+ eau

 

Beaucoup de personnes souffrant de troubles digestifs éliminent les légumes et les fruits (surtout crus), les produits laitiers et/ou le gluten de leur alimentation dans le but de contrôler leurs symptômes digestifs.

Or l’éviction d’un ou plusieurs groupes entiers d’aliments peut déséquilibrer l’alimentation et avoir des conséquences plus ou moins graves sur la santé ou la silhouette avec :

  • Une perte de poids pour certains
  • Une prise de poids pour d’autres
  • Des carences en nutriments et micronutriments sur le long terme

L’alimentation pauvre en FODMAPs est, quant à elle, équilibrée. N’éliminant aucun groupe entier d’aliments, elle garantit l’apport de tous les nutriments essentiels à la santé.