Est-ce que le Pentasa est efficace sur le syndrome de l’intestin irritable à tendance diarrhéique?

Les résultats d’une étude anglaise de qualité – faite avec 136 volontaires pendant 3 mois et versus Placebo –  sur le médicament Pentasa et le Syndrome de l’intestin Irritable à tendance Diarrhéique (SII-D) ont été publiés récemment.

Ceux qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin connaissent certainement ce médicament. C’est un anti-inflammatoire intestinal très souvent prescrit pour traiter la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Cette étude se justifiait car il existe beaucoup de points en commun entre les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins) et le SII. Ces 2 affections présentent un déséquilibre de la flore intestinale et des symptômes en communs (dont trés souvent la diarrhée… d’où le fait que cette étude ait porté sur le SII-D et non celui à tendance constipation).

Cependant ces 2 affections sont bien distinctes. Les MICI sont caractérisées par un état inflammatoire important (élévation notable des marqueurs de l’inflammation) alors que, dans le SII, on parle de micro-inflammations. Avoir une MICI augmente certains risquent de développer des maladies graves directes comme un cancer, ce qui n’est pas le cas pour le SII.

Enfin, ces affections peuvent être associées car il n’est pas rare qu’une personne atteinte de MICI souffre également du SII.

Bref, tout ça pour dire que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le Pentasa n’a pas eu les résultats escomptés sur les symptômes de douleurs et transit des personnes souffrant du SII à tendance diarrhéique.

 

 

La flore intestinale (ou microbiote intestinal)

Le microbiote intestinal (ou anciennement appelé flore intestinale) est l’ensemble des micro-organismes vivant dans nos intestins.

le microbiote intestinal

le microbiote intestinal

Il est intéressant de savoir qu’il est constitué de 100 000 milliards de bactéries ce qui représente 1 à 2 kg de votre poids et qu’il y a 100 fois plus de bactéries que de cellules dans votre corps (on peut même se demander qui commande? nous ou les bactéries ? mais c’est tout un débat!).

Bien que vous ayons les 2/3 de bactéries en commun chacun possède une carte d’identité bactérienne bien distincte, comme le sont nos empreintes digitales.

Le microbiote se forme les premières années de vie pour atteindre un équilibre vers l’âge de 2 ou 3 ans. Il est donc important de prendre soin de nos bébés en minimisant la prise de médicaments (surtout d’antibiotiques), en les allaitant au moins 6 mois (si c’est possible), en préférant accoucher par voie naturelle (si c’est possible aussi) et en veillant à leur donner un éventail aussi varié que possible d’aliments « simples » solides après 6 mois.

Un ensemble de facteurs peut venir le perturber : médicaments, stress, alimentation moderne riche en mauvaises graisses et pauvre en fibres, infections gastro-intestinales.

Si ce déséquilibre ne se remet pas d’aplomb tout seul on parle alors de dysbiose.

Or cette dysbiose serait impliquée dans un grand nombre de pathologies :

– maladies fonctionnelles : syndrome de l’intestin irritable, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique….

– maladies inflammatoires, immunes et métaboliques : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, allergies, diabète, maladie cœliaque,  obésité….

– troubles neuro-psychiatriques: Parkinson, dépression…

– troubles cutanés: eczéma, psoriasis…

Tout ça pour dire qu’il faut chouchouter nos bactéries.

 

 

 

Les édulcorants : faux-sucres ou faux-amis de nos intestins?

Combien d’entre vous ont déjà consommé ou consomment régulièrement des produits light ou sans sucres ?

faux sucres_ edulcorants

Tous ces produits contiennent des édulcorants or il faut savoir que ce ne sont pas les meilleurs amis de nos intestins…et pour preuve.

Un édulcorant est un produit ou substance ayant un goût sucré tout en étant peu ou pas calorique.

Parmi les édulcorants, on distingue :

  • Les édulcorants de charge. Ce sont des polyols ou sucres d’alcool (ex: sorbitol, mannitol, xylitol, maltitol…). On les trouve essentiellement dans les produits SANS SUCRES. Ils confèrent un goût sucré mais sont peu caloriques et surtout sont peu cariogènes. C’est pour cela qu’on les retrouve dans beaucoup de bonbons et chewing-gum sans sucres. L’inconvénient est que ces polyols ne sont que partiellement digérés et ils sont prouver pour provoquer des symptômes digestifs.
  • Les édulcorants intenses. Les plus connus sont l’aspartame (qui contient tout de même 4 calories/gramme!) et le sucralose. Ils ont un très fort pouvoir sucrant. Ils permettent donc d’alléger en calories de nombreux desserts et boissons sucrés. On savait déjà depuis quelques années que ces ingrédients soi-disant « miracles » pour les diabétiques et ceux qui veulent perdre du poids entretiennent le goût du sucré. De plus, depuis peu, les scientifiques pensent même qu’ils provoqueraient sur le long terme une modification de la flore intestinale qui entraînerait – entre autre – une intolérance au glucose. Pour faire simple, on pourrait donc en conclure que mettre quotidiennement une sucrette dans son café ou boire du sodas light contribuent à augmenter l’épidémie d’obésité et de diabète. On peut aussi se poser la question de leur influence chez ceux qui souffrent de maladies digestives (syndrome de l’intestin irritable, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et autres colites). En effet, ces maladies ont toutes en commun un déséquilibre de la flore intestinal. Je me pose donc la question suivante : la consommation d’édulcorants peut elle participer au dérèglement du microbiote observé dans toutes ces maladies digestives ?

Qu’en pensez-vous?

Bilan du congrès de neuro-gastroentérologie

Cette semaine j’étais au congrès du GNFG à Grenoble avec l’APSSII (Association des Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable).

Les conférences étaient passionnantes!

Voici les principaux points que j’ai retenus pour vous :

  • Côté Alimentation  :

L’alimentation exerce un rôle à la fois sur la flore et le transit gastro-intestinal. Et flore et transit intestinal s’influencent mutuellement.

L’alimentation (et le tabac) a un rôle dans l’apparition du SII et des MICI. Ainsi, la prévalence de ces maladies est largement supérieure dans les pays industrialisés (d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Australie) où on mange plus gras, plus raffiné, moins de fruits et légumes par rapport aux pays en voie de développement.

Des expériences sur des souris ont montré qu’une alimentation riche en graisses saturées et en sucre augmente la perméabilité intestinale, le déséquilibre de la flore intestinale et la sensibilité aux infections gastro-intestinales.

Une étude de Nouvelle Zélande confirme encore une fois l’efficacité de l’alimentation pauvre en FODMAP chez la majorité des personnes souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable.

Une étude américaine montre que l’ingestion du gluten peut altérer les fonctions de la barrière intestinale chez les patients souffrant du SII à tendance diarrhéique et ayant le profil génétique HLA DQ2 & HLA DQ8.

  • Côté médicaments : 

Pour les personnes souffrant du SII à tendance constipation, il existe depuis longtemps les laxatifs mais ceux-ci ont pour but de contrôler la constipation sans en combattre les causes et un patient sur deux est insatisfait du résultat.

Pour les autres traitements médicamenteux, il existe:

le prucalopride (Résolor®) qui est un agoniste 5HT4 et qui module le péristaltisme (=mouvements des intestins pour faire avancer le bol alimentaire). Il est commercialisé en France sur ordonnance, il est non remboursé par la sécurité sociale et il faut compter environ 80€ par mois de traitement.

Le lubriprostone  et le linaclotide qui agissent sur les sécrétions intestinale et stimulent la motricité intestinale.

Le lubriprostone est commercialisé en Suisse mais pas en France. Le Linaclotide n’est pas encore commercialisé en France. Aucune date de sortie n’est encore communiquée par le laboratoire.

A noter que l’effet indésirable principal de ces traitements est la survenue de diarrhée et leur efficacité varie de 8 à 22% par rapport au placebo.

– Avant de prendre n’importe quel médicament, il est indispensable de consulter votre médecin –

  •  Côté Hypnose :

Une étude suédoise montre que l’hypnose dirigée sur le tube digestif peut être un traitement efficace dans le SII réfractaire. Son action permettrait de prévenir  le stress, la somatisation, l’hypervigilance, l’anxiété et la dépression qui sont mis en cause dans l’augmentation de la sensibilité de la perception de la douleur typiques du SII.

  • Traitements expérimentaux:

La sensibilité des nerfs connectés entre le cerveau et les intestins peut perturber le transit, la douleur et l’inconfort ressentis chez les personnes souffrant du SII ou des MICI. Or la neurostimulation du nerf vague au niveau cervical pourrait réguler cette sensibilité et atténuer la réponse inflammatoire impliquées dans les MICI et le SII. Une étude pilote encourageante est en cours à Grenoble avec des malades souffrant de MICI.

 

J’ai également retenu 2 choses surprenantes de ce congrès:

– une étude montre que l’émission de moins d’une selle par jour peut être un élément prédictif de la maladie de Parkinson

– la manière dont un jeune enfant vit la séparation de sa mère et l’attention qu’elle lui porte peut engendrer des modifications structurales  irréversibles des régions cérébrales de cet enfant.

Lexique:

SII = Syndrome de l’Intestin Irritable

MICI = Maladies Inflammatoires Chronique de l’Intestin (maladie de Crohn, recto-colite hémorragique).

 

Les principales causes d’une diarrhée

Voici la liste des 23 principales causes potentielles d’un transit accéléré issue du livre Diarrhea Dietitian de Niki Strealy, éditions Strategic Nutrition :

  • Les maladies chroniques inflammatoires de l’intestin* comme la  maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique
  • Les colites microscopiques* : colites lymphocytaires et colites œdémateuses
  • La maladie cœliaque *
  • Le syndrome de l’intestin irritable* ou colopathie fonctionnelle*
  • Les allergies alimentaires*
  • Les hypersensibilités alimentaires* – par exemple aux amines, aux salicylates, au glutamate
  • Les intolérances alimentaires* comme celle au lactose, au fructose ou à d’autres FODMAP
  • Les malabsorptions des graisses induites par exemple par des troubles ou des atteintes au pancréas*
  • Les cancers digestifs*
  • Une occlusion partielle de l’intestin* due par exemple à une constipation sévère, à une tumeur ou à une sténose (=rétrécissement) et qui laissent passer uniquement les selles liquides
  • Des troubles endocriniens comme de l’hyperthyroïdie, du diabète* ou la maladie d’Addison
  • Une anomalie au niveau de la sécrétion ou de l’absorption des sels biliaires
  • Une excroissance de bactéries intestinales appelée Small Intestinal Bacterial Overgrowth*
  • Une infection virale, bactérienne ou parasitaire
  • La consommation chronique ou excessive d’alcool*
  • Les résections chirurgicales avec ablation d’une partie de l’estomac*, de l’intestin grêle* ou du colon*
  • La gastro-entérite éosinophile
  • Le HIV et le SIDA
  • Les effets secondaires de certains médicaments – attention :  ne pas arrêter un médicament sans l’accord du médecin
  • Les effets secondaires de chimiothérapies ou radiothérapies
  • Les abus de laxatifs
  • Les sportifs d’endurance*
  • Le stress

*problématiques pouvant être aidées par une alimentation spécifique