Les bactéries nous colonisent avant la naissance

Bonjour,

Vous qui souffrez de maux de ventre, vous devez savoir à quel point notre microbiote intestinal (anciennement appelé flore intestinal) est important et passionnant. Et pour cause : tout nos problèmes digestifs – et pleins d’autres – viennent d’un déséquilibre quantitatif et qualitatif de ce microbiote. Il est donc important de prendre soin de nos petites bê-bêtes dès le début de leur arrivée dans notre tube digestif.

La recherche avance dans ce domaine.

La colonisation du foetus

Jusqu’à présent nous pensions que le foetus était logé dans le ventre de sa mère dans un milieu stérile et que le début de la colonisation ne se faisait qu’à partir de l’accouchement.

Lors d’une conférence au congrès de neuro-gastroentérologie à laquelle j’ai assisté, ils ont parlé d’une étude récente qui prouve le contraire.

Ainsi, une équipe de chercheurs (Aagaard et al. 2014) a démontré que le placenta possède un microbiote dont sa composition serait très similaire à celle de la bouche de la maman. Ils ont également mis en évidence que les mères ayant accouché avant terme avaient un microbiote placentaire différent des autres.

On peut donc supposer que l’alimentation de la mère enceinte puisse influençait la composition du microbiote  et donc la future santé de son bébé.

Ceci renforce le fait qu’il est important de bien se nourrir enceinte.

 

Quoi de neuf pour le Syndrome de l’Intestin Irritable?

Voici les principales actualités sur le syndrome de l’intestin irritable selon la Fondation internationale des troubles fonctionnels gastro-intestinaux :

Le Journal des intestins sensibles

  • 90% de la sérotonine (=hormone du bien être) sont produits par les intestins et seulement 10% par le cerveau. Beaucoup d’affections dont le syndrome de l’intestin irritable et la dépression sont liées à une altération de la production de sérotonine.
  • L’éviction du gluten en plus du régime pauvre en FODMAP n’apporte pas de bénéfices supplémentaires aux colopathes et rend leur alimentation plus compliquée à suivre.
  • La sévérité des douleurs abdominales des colopathes semble être proportionnelle à l’augmentation de la sensation du bol alimentaire dans le ventre. L’hypersensibilité viscérale nerveuse doit donc être prise en compte dans les traitements.
  • Les personnes ayant le syndrome d’ intestin irritable ont plus de maux de tête et de douleurs lombaires par rapport à la population « normale ».
  • Les méthodes de biofeedback semblent être efficaces chez les personnes souffrant de constipation terminale.
  • Le yoga et l’hypnose sont des méthodes pouvant aider à réduire les symptômes digestifs et la qualité de vie des colopathes.
  • Il est recommandé que l’application de la phase stricte de l’alimentation pauvre en FODMAP soit limitée à 4 semaines et soit expliquée par un diététicien-nutritionniste. Cela permet de garantir une alimentation équilibrée et d’éviter de perturber les « bonnes » bactéries de la flore intestinale.
  • L’étude française nutrinet a montré que chez les femmes, un Indice de Masse Corporel  (IMC) élevé est associé à une probabilité plus forte d’avoir une SII à tendance diarrhéique, et, chez les hommes, un IMC faible augmente les risques de développer un SII.
  • L’exercice physique aurait un impact positif sur la composition de la flore intestinale.
  • La peur d’avoir des symptômes intestinaux dégraderait plus la vie d’un colopathe que l’intensité des symptômes ressentis.

 

La flore intestinale (ou microbiote intestinal)

Le microbiote intestinal (ou anciennement appelé flore intestinale) est l’ensemble des micro-organismes vivant dans nos intestins.

le microbiote intestinal

le microbiote intestinal

Il est intéressant de savoir qu’il est constitué de 100 000 milliards de bactéries ce qui représente 1 à 2 kg de votre poids et qu’il y a 100 fois plus de bactéries que de cellules dans votre corps (on peut même se demander qui commande? nous ou les bactéries ? mais c’est tout un débat!).

Bien que vous ayons les 2/3 de bactéries en commun chacun possède une carte d’identité bactérienne bien distincte, comme le sont nos empreintes digitales.

Le microbiote se forme les premières années de vie pour atteindre un équilibre vers l’âge de 2 ou 3 ans. Il est donc important de prendre soin de nos bébés en minimisant la prise de médicaments (surtout d’antibiotiques), en les allaitant au moins 6 mois (si c’est possible), en préférant accoucher par voie naturelle (si c’est possible aussi) et en veillant à leur donner un éventail aussi varié que possible d’aliments « simples » solides après 6 mois.

Un ensemble de facteurs peut venir le perturber : médicaments, stress, alimentation moderne riche en mauvaises graisses et pauvre en fibres, infections gastro-intestinales.

Si ce déséquilibre ne se remet pas d’aplomb tout seul on parle alors de dysbiose.

Or cette dysbiose serait impliquée dans un grand nombre de pathologies :

– maladies fonctionnelles : syndrome de l’intestin irritable, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique….

– maladies inflammatoires, immunes et métaboliques : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, allergies, diabète, maladie cœliaque,  obésité….

– troubles neuro-psychiatriques: Parkinson, dépression…

– troubles cutanés: eczéma, psoriasis…

Tout ça pour dire qu’il faut chouchouter nos bactéries.

 

 

 

Les troubles fonctionnels intestinaux au congrès de gastroentérologie (JFHOD)

La semaine dernière a eu lieu le plus gros congrès francophone de gastro-entérologie, appelé JFHOD.

J’ai pu assister à des conférences très intéressantes sur les troubles troubles fonctionnels intestinaux (syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle), le microbiote (ou flore intestinale), les allergies et intolérances alimentaires.

Voici les principaux points abordés sur le syndrome de l’intestin irritable (ou SII):

Les causes du SII : il a été question de l’aspect génétique et de l’influence des facteurs environnementaux (dont l’alimentation), de la perméabilité intestinale, de l’influence des acides biliaires surtout dans la forme diarrhéique, de l’influence du microbiote (déséquilibré par des infections digestives, l’alimentation, le stress).

Les conséquences du SII : le SII entraîne une altération de la qualité de vie des patients avec une perturbation de la vie quotidienne, une altération du comportement global, et une absence de compréhension par les proches et les médecins.

Les pistes de traitements du SII évoqués : les médicaments, les probiotiques, l’alimentation (les FODMAP, les graisses, les fibres, l’hypersensibilité non coeliaque au gluten, les allergies)

La prise en charge du SII : le corps médical doit améliorer la prise en charge des personnes souffrant du SII en donnant plus d’informations sur la maladie, en répondant aux questions des malades, en faisant preuve d’empathie et de soutien, en ayant une meilleure écoute, en ayant un discours plus positif.

A ce congrès était présent l’APSSII qui est la seule association des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Le microbiote (flore intestinale) en ligne de mire des troubles fonctionnels intestinaux

On sait depuis longtemps que le microbiote (c’est à dire la flore intestinale) joue un rôle primordial dans la colopathie. D’ailleurs, 18% des personnes développent des troubles fonctionnels intestinaux (TFI) suite à une gastro-entérite (qui est une infection bactérienne).

La recherche dans ce domaine avance. Grâce aux techniques de génomique (étude de l’ADN des bactéries de la flore), les chercheurs ont ainsi démontré qu’il existe une différence quantitative et qualitative du microbiote chez les personnes souffrant de TFI. Ils commencent à étudier les interactions entre l’hôte (l’individu) et le microbiote. Ainsi, les chercheurs travaillent sur l’hypothèse que l’altération du microbiote serait à l’origine d’une hyper-perméabilité intestinale et de l’hypersensibilité neuronale intestins-cerveau.

L’alimentation joue un rôle primordial dans la composition du microbiote. Le graphique ci-dessous met d’ailleurs en évidence les compositions différentes du microbiote entre un enfant vivant en Afrique qui suit une alimentation riche en glucides (sucres) complexes et un enfant italien suivant une alimentation occidentale. Impressionnant, non?Microbiote et alimentation

Comment réguler la flore? Certains régimes alimentaires (dont l’alimentation pauvre en FODMAP), probiotiques et antibiotiques sont des méthodes thérapeutiques prometteuses pour rééquilibrer le microbiote.

Retrouvez plus d’informations sur le site de la fondation de Rome (qui est l’organisation internationale de l’étude des troubles fonctionnels intestinaux).

Quel mot pour mes maux ?

Troubles fonctionnels intestinaux, colopathie fonctionnelle, syndrome de l’intestin irritable, colite, colon spasmodique… Quelle appellation est la plus appropriée à cette maladie ?

J’ai posé la question au docteur gastro-entérologue Georges Eric-Tubiana. Voici sa réponse :

« Quand en médecine il y a de nombreux noms pour définir une ‘maladie’ c’est que aucun ne convient.

 Actuellement, on parle de ‘Troubles Fonctionnels Intestinaux’ ou TFI ( je ne suis pas trop d’accord : on retrouve le ‘fonctionnel’ qui ne me plait pas – car la fonction intestinale marche).

Ce terme remplace – jusqu’à la prochaine mode ! – ‘colite’ (totalement impropre), ‘colopathie fonctionnelle’ (c’est sûr ce n’est pas la fonction qui est atteinte car le côlon travaille et amène son fardeau jusqu’au bout ) , ‘colopathie psycho-fonctionnelle’ (on se rapproche ), ‘syndrome du côlon irritable’ ( copié des américains : IBS ),  ‘colite spasmodique’ (ça me plait mieux ) ….

Finalement : J’aurais préféré ‘colopathie neuro-musculaire’. Ce terme peut faire peur mais il signifie par neuro : l’hypersensibilité des nerfs reliant les intestins au cerveau), et par musculaire : le muscle du tube digestif … le muscle étant l’effecteur : il peut être spasmé ou atone. Mais là encore cela méconnait les facteurs microbiens – du microbiote (ou flore intestinale) – et le côté hormonal digestif. 

Finalement : Appelons ça ‘Colopathie neuro-musculo-microbio-hormonale’ ! Et encore on a omis le côté ‘psyché’ …

Finalement : Allons pour  ‘Colopathie psycho-neuro-musculo-microbio-hormonale’ ! C’est juste mais un peu long !

Finalement : Le terme de ‘colite’ ( entre guillemets ) serait le mieux pour bien la différencier de la colite organique (ou Maladies Inflammatoires Chronique de l’Intestin). Mais il faudrait bien préciser : ‘entre guillemets’ ce qui revient à 3 mots : ‘colite entre guillemets’ ! 

Finalement : ( ce sera mon dernier Finalement ) ‘COLOPATHIE’ sans rien dire d’autre irait le mieux pour son côté général (on est malade du côlon ! sans préjuger du mécanisme !) et serait le plus simple puisqu’il ne comporte qu’un seul mot !!!»

Et vous qu’en pensez-vous?