Les « bons » excréments = nos futurs médicaments !

 

transplantation fécale

Transplantation du microbiote fécal

Même si ça peut paraître dégoûtant, les scientifiques croient sérieusement en cette nouvelle piste!

Comme vous le savez le Syndrome de l’Intestin Irritable, tout comme un bon nombre d’autres maladies digestives (ex: maladie de Crohn), ou non digestives (ex: dépression, parkinson, diabète….) auraient pour origine un déséquilibre de la flore intestinale, appelée Dysbiose.

Or les chercheurs ont bon espoir que la transplantation du microbiote  (ou flore) fécal d’une personne « saine » dans le tube digestif d’une personne « malade » puisse aider cette dernière à rééquilibrer sa flore et donc à guérir.

Jusqu’à présent la recherche ne pouvait le faire que sur des animaux en France. Or, la bonne nouvelle est que l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de la santé autorise  maintenant la recherche à pratiquer la transplantation fécale chez l’être humain.

Affaire à suivre…

NB : vous pouvez également modifier et rééquilibrer votre flore par l’alimentation et la gestion du stress!

Bilan du congrès de neuro-gastroentérologie

Cette semaine j’étais au congrès du GNFG à Grenoble avec l’APSSII (Association des Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable).

Les conférences étaient passionnantes!

Voici les principaux points que j’ai retenus pour vous :

  • Côté Alimentation  :

L’alimentation exerce un rôle à la fois sur la flore et le transit gastro-intestinal. Et flore et transit intestinal s’influencent mutuellement.

L’alimentation (et le tabac) a un rôle dans l’apparition du SII et des MICI. Ainsi, la prévalence de ces maladies est largement supérieure dans les pays industrialisés (d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Australie) où on mange plus gras, plus raffiné, moins de fruits et légumes par rapport aux pays en voie de développement.

Des expériences sur des souris ont montré qu’une alimentation riche en graisses saturées et en sucre augmente la perméabilité intestinale, le déséquilibre de la flore intestinale et la sensibilité aux infections gastro-intestinales.

Une étude de Nouvelle Zélande confirme encore une fois l’efficacité de l’alimentation pauvre en FODMAP chez la majorité des personnes souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable.

Une étude américaine montre que l’ingestion du gluten peut altérer les fonctions de la barrière intestinale chez les patients souffrant du SII à tendance diarrhéique et ayant le profil génétique HLA DQ2 & HLA DQ8.

  • Côté médicaments : 

Pour les personnes souffrant du SII à tendance constipation, il existe depuis longtemps les laxatifs mais ceux-ci ont pour but de contrôler la constipation sans en combattre les causes et un patient sur deux est insatisfait du résultat.

Pour les autres traitements médicamenteux, il existe:

le prucalopride (Résolor®) qui est un agoniste 5HT4 et qui module le péristaltisme (=mouvements des intestins pour faire avancer le bol alimentaire). Il est commercialisé en France sur ordonnance, il est non remboursé par la sécurité sociale et il faut compter environ 80€ par mois de traitement.

Le lubriprostone  et le linaclotide qui agissent sur les sécrétions intestinale et stimulent la motricité intestinale.

Le lubriprostone est commercialisé en Suisse mais pas en France. Le Linaclotide n’est pas encore commercialisé en France. Aucune date de sortie n’est encore communiquée par le laboratoire.

A noter que l’effet indésirable principal de ces traitements est la survenue de diarrhée et leur efficacité varie de 8 à 22% par rapport au placebo.

– Avant de prendre n’importe quel médicament, il est indispensable de consulter votre médecin –

  •  Côté Hypnose :

Une étude suédoise montre que l’hypnose dirigée sur le tube digestif peut être un traitement efficace dans le SII réfractaire. Son action permettrait de prévenir  le stress, la somatisation, l’hypervigilance, l’anxiété et la dépression qui sont mis en cause dans l’augmentation de la sensibilité de la perception de la douleur typiques du SII.

  • Traitements expérimentaux:

La sensibilité des nerfs connectés entre le cerveau et les intestins peut perturber le transit, la douleur et l’inconfort ressentis chez les personnes souffrant du SII ou des MICI. Or la neurostimulation du nerf vague au niveau cervical pourrait réguler cette sensibilité et atténuer la réponse inflammatoire impliquées dans les MICI et le SII. Une étude pilote encourageante est en cours à Grenoble avec des malades souffrant de MICI.

 

J’ai également retenu 2 choses surprenantes de ce congrès:

– une étude montre que l’émission de moins d’une selle par jour peut être un élément prédictif de la maladie de Parkinson

– la manière dont un jeune enfant vit la séparation de sa mère et l’attention qu’elle lui porte peut engendrer des modifications structurales  irréversibles des régions cérébrales de cet enfant.

Lexique:

SII = Syndrome de l’Intestin Irritable

MICI = Maladies Inflammatoires Chronique de l’Intestin (maladie de Crohn, recto-colite hémorragique).

 

Un traitement contre la constipation chronique bientôt en vente

Après l’approbation de la FDA (agence américaine du médicament), l’Agence Européenne du Médicament (EMA) a approuvé fin 2012 le linaclotide. Ce nouveau composé permettrait de traiter la constipation chronique des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Almirall détient les droits de commercialisation exclusifs du linaclotide (Constella®, Ironwood Pharmaceuticals) en Europe. Son utilisation en Europe est maintenant en attente d’approbation de commercialisation par la Commission européenne.

Son mécanisme d’action:

Le linaclotide stimule la sécrétion de fluide intestinal et accélère le transit gastro-intestinal en entraînant une fréquence accrue des selles. Il aurait également un effet pour soulager la douleur intestinale.

Son efficacité:

2 études cliniques en double aveugle et versus placebo montrent que le linaclotide améliore efficacement les symptômes après 12 mois de traitement chez 1 personne sur 2 environ.

Les effets secondaires:

L’effet secondaire le plus fréquent est l’apparition de diarrhée chez environ 1 patient sur 5.

Les points encore à éclaircir:

Le prix de ce médicament et la prise en charge éventuelle par la sécurité sociale ne sont pas encore connus.

 

Attention : Demandez conseils à votre médecin avant d’entreprendre n’importe quel traitement médicamenteux car aucune prise de médicament (même en vente libre) n’est anodine.