Résolution 2018 : prendre soin de votre microbiote pour votre santé

Vous qui souffrez de votre ventre et qui faites des recherches, vous avez forcément déjà entendu du microbiote (appelé aussi flore intestinale).

Propre à chaque individu, composé de plus de 100 000 milliards de micro-organismes et pesant environ 2kg, les scientifiques le considèrent maintenant comme un organe à part entière. Il est d’ailleurs aussi important que notre cœur ou notre cerveau (et certains scientifiques se demandent si ce n’est pas lui qui nous dirige… mais c’est un autre débat).

Son rôle est multiple – avec pas moins de 19 000 fonctions – et est de mieux en mieux connu par les scientifiques. Il intervient notamment dans notre digestion et notre immunité.

Son déséquilibre, appelé dysbiose, est impliqué dans de nombreuses pathologies : les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), le syndrome de l’intestin irritable, les cancers digestifs et même extra-digestifs, l’obésité, le diabète, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, l’autisme, la schizophrénie, l’anxiété, la dépression, la maladie de Parkinson ou les troubles bipolaires…

Il est donc primordial d’en prendre soin en lui donnant de bonnes choses à manger.

Le microbiote raffole des aliments prébiotiques, par exemples : les pommes, le seigle, l’oignon, l’artichaut, les petits pois, les lentilles, les pois chiche, la betterave, la pastèque, et les noix de cajou. Or, ces aliments sont riches en FODMAP ce qui a de grande chance de vous déclencher des symptômes si vous êtes colopathe.

Donc voici 7 conseils hygiéno-diététique pour prendre soin de vos « bêbêtes » intestinales sans symptômes :

  1. Consommez des fruits et des légumes pauvres en FODMAP à chaque repas si possible avec la peau, des pommes de terre et du riz « réchauffés » (afin de les enrichir en amidons résistants), et, des noix, des amandes, des graines de lin/tournesol/chia/pavot tous les jours
  2. Réintroduisez les aliments contenant les FODMAP tolérés. En effet, la très grande majorité des colopathes tolérent une ou plusieurs catégories de FODMAP. Faire des tests de réintroduction – seul ou accompagné par un diététicien-nutritionniste – vous permettra de savoir quels aliments prébiotiques vous pourrez réintroduire dans votre alimentation sans augmenter vos symptômes.
  3. Privilégiez les huiles végétales riches en oméga 3 type huile de colza et huile de noix
  4. Limitez l’alcool
  5. Évitez le tabac
  6. Limitez le stress en pratiquant régulièrement un sport, le yoga, ou la méditation…. ou en changeant de travail, de mari ou de femme si l’un d’entre eux est une source « anormale » de stress !
  7. Limitez au maximum – en accord avec votre médecin – la prise de médicaments (notamment les antibiotiques et IPP)

 

 

Dépister une inflammation intestinale sans faire de coloscopie

Il n’est pas toujours évident de faire la différence entre le syndrome de l’intestin irritable – ou SII – et une maladie inflammatoire de l’intestin – telle que les MICI  : maladie de Crohn et recto-colite hémorragique.

Les symptômes peuvent être les mêmes. Cependant, les conséquences et les traitements sont, quant à eux, différents.

Contrairement au SII, les MICI sont caractérisées par des lésions organiques. Auparavant, il n’existait qu’un seul moyen pour déceler la présence de lésions : faire une coloscopie.

Aujourd’hui, on peut faire la différence entre SII et MICI avec une simple analyse de selles en dosant la calprotectine fécale, qui est un marqueur de l’inflammation.

Si le taux de calprotectine < 50 µg/g cela signifie qu’il s’agit d’un syndrome de l’intestin irritable.

Si le taux de calprotectine  > 150 µg/g c’est caractéristique de la présence de lésions digestives des muqueuses ou des ulcérations, typiques des phases de poussées dans les MICI.

Ainsi, le dosage de calprotectine dans les selles est utile pour faire la différence entre un SII et une maladie organique de type MICI.

De plus, il permettra, dans les MICI, de contrôler l’état des muqueuses et d’ajuster plus finement les traitements médicamenteux du malade.

Une élévation de la calprotectine signifie que le malade est en poussée inflammatoire – ce qui n’est pas forcément signalée par la présence de symptômes – et qu’il faut lui donner un traitement adéquate.

Une normalisation des taux de calprotectine, quant à elle, atteste la cicatrisation de la muqueuse.

Pour plus d’informations, demandez conseils à votre médecin.

 

 

Est-ce que le Pentasa est efficace sur le syndrome de l’intestin irritable à tendance diarrhéique?

Les résultats d’une étude anglaise de qualité – faite avec 136 volontaires pendant 3 mois et versus Placebo –  sur le médicament Pentasa et le Syndrome de l’intestin Irritable à tendance Diarrhéique (SII-D) ont été publiés récemment.

Ceux qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin connaissent certainement ce médicament. C’est un anti-inflammatoire intestinal très souvent prescrit pour traiter la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Cette étude se justifiait car il existe beaucoup de points en commun entre les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins) et le SII. Ces 2 affections présentent un déséquilibre de la flore intestinale et des symptômes en communs (dont trés souvent la diarrhée… d’où le fait que cette étude ait porté sur le SII-D et non celui à tendance constipation).

Cependant ces 2 affections sont bien distinctes. Les MICI sont caractérisées par un état inflammatoire important (élévation notable des marqueurs de l’inflammation) alors que, dans le SII, on parle de micro-inflammations. Avoir une MICI augmente certains risquent de développer des maladies graves directes comme un cancer, ce qui n’est pas le cas pour le SII.

Enfin, ces affections peuvent être associées car il n’est pas rare qu’une personne atteinte de MICI souffre également du SII.

Bref, tout ça pour dire que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le Pentasa n’a pas eu les résultats escomptés sur les symptômes de douleurs et transit des personnes souffrant du SII à tendance diarrhéique.

 

 

Les édulcorants : faux-sucres ou faux-amis de nos intestins?

Combien d’entre vous ont déjà consommé ou consomment régulièrement des produits light ou sans sucres ?

faux sucres_ edulcorants

Tous ces produits contiennent des édulcorants or il faut savoir que ce ne sont pas les meilleurs amis de nos intestins…et pour preuve.

Un édulcorant est un produit ou substance ayant un goût sucré tout en étant peu ou pas calorique.

Parmi les édulcorants, on distingue :

  • Les édulcorants de charge. Ce sont des polyols ou sucres d’alcool (ex: sorbitol, mannitol, xylitol, maltitol…). On les trouve essentiellement dans les produits SANS SUCRES. Ils confèrent un goût sucré mais sont peu caloriques et surtout sont peu cariogènes. C’est pour cela qu’on les retrouve dans beaucoup de bonbons et chewing-gum sans sucres. L’inconvénient est que ces polyols ne sont que partiellement digérés et ils sont prouver pour provoquer des symptômes digestifs.
  • Les édulcorants intenses. Les plus connus sont l’aspartame (qui contient tout de même 4 calories/gramme!) et le sucralose. Ils ont un très fort pouvoir sucrant. Ils permettent donc d’alléger en calories de nombreux desserts et boissons sucrés. On savait déjà depuis quelques années que ces ingrédients soi-disant « miracles » pour les diabétiques et ceux qui veulent perdre du poids entretiennent le goût du sucré. De plus, depuis peu, les scientifiques pensent même qu’ils provoqueraient sur le long terme une modification de la flore intestinale qui entraînerait – entre autre – une intolérance au glucose. Pour faire simple, on pourrait donc en conclure que mettre quotidiennement une sucrette dans son café ou boire du sodas light contribuent à augmenter l’épidémie d’obésité et de diabète. On peut aussi se poser la question de leur influence chez ceux qui souffrent de maladies digestives (syndrome de l’intestin irritable, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et autres colites). En effet, ces maladies ont toutes en commun un déséquilibre de la flore intestinal. Je me pose donc la question suivante : la consommation d’édulcorants peut elle participer au dérèglement du microbiote observé dans toutes ces maladies digestives ?

Qu’en pensez-vous?