Les hypertendus colopathes ou non peuvent-ils manger salé?

Faites-vous ou connaissez-vous des personnes ayant de l’hyper-tension? Si oui, vous savez certainement que dans ce cas on préconise un régime sans sel. Est-ce vraiment justifié?

Déjà, cela dépend de l’âge. En effet, il est fortement déconseillé de recommander un régime sans sel à une personne âgée ou présentant un risque de dénutrition… car sans sel, ça manque de goût et donc forcément ça incite moins à manger! Or les risques de dénutrition sont à prendre beaucoup au sérieux qu’un excès de sel.

Pour les autres, il y a du neuf ! Il est bien sûr important de limiter le sel mais il ne faut pas l’éliminer totalement. En effet, de nouvelles études montrent que si on restreint trop le sel, les risques de santé cardio-vasculaires seraient même à priori supérieurs à ceux engendrés par un excès de sel!

A retenir : si vous souffrez d’hyper-tension, pour manger la bonne quantité de sel, il est donc conseillé tout simplement de limiter les produits industriels (riches en sel y compris ceux au goût sucré), de préférer cuisiner maison et de simplement goûter avant de saler!

 

 

Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 2.

Voici la suite de l’article Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 1.

Les composants chimiques des aliments:

Pour déterminer si une personne est intolérante aux composants chimiques – naturels et synthétiques – des aliments (allergènes communs + salicylates, amines, glutamate), il est nécessaire de suivre un régime d’exclusion pendant 2 à 4 semaines suivi de tests de réintroduction.

Le mécanisme des intolérances aux composés chimiques est complexe. Ils stimuleraient les terminaisons nerveuses des personnes hypersensibles [Raithel et al. 2005]. En ce qui concerne la colopathie, des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer leur efficacité sur les symptômes digestifs.

Les salicylates sont présents dans certains fruits et légumes, certaines herbes et épices, les noix, le thé et le café. Les amines sont, quant à elles, présentent principalement dans le chocolat, les poissons et les viandes fumés, certains fruits et légumes. Les glutamates sont présents dans les fromages fermentés, la sauce au soja et utilisés comme additifs dans certaines préparations industrielles [Swain et al. 2009].

Il n’existe pour l’instant pas d’autres moyens de dépistage de ces hypersensibilités.

L’hypersensibilité au gluten:

En dehors de la maladie coeliaque, le régime sans gluten est de plus en plus pratiqué par le grand public pour gérer le syndrome de l’intestin irritable, l’hyperactivité, la fatigue chronique… mais les preuves scientifiques sont faibles.

Beaucoup de colopathes ressentent une amélioration de leurs symptômes en suivant le régime sans gluten. Le principal problème est qu’un grand nombre d’entre eux ne se font pas dépister au préalable pour la maladie coeliaque. Or, il est indispensable, pour faire les tests de dépistage de la maladie coeliaque, de consommer régulièrement du gluten. Dans le cas contraire, les résultats des tests sont faussés.

Une seule étude  confirme qu’il existe une hypersensibilité non-coeliaque au gluten [Biesiekierski et al. 2010] (c’est la seule étude dissociant le gluten des fodmap contenus dans le blé). Dans cette étude, 68% des colopathes ont ressenti une aggravation de leurs symptômes digestifs suite à l’ingestion de gluten contre 40% ayant ingéré un placébo. Toutefois, les mécanismes de cette hypersensibilité sont pour l’instant inconnus.

Le café :

Le café est souvent incriminé par les colopathes pour aggraver leurs symptômes digestifs. Cependant, on ne sait pas si cela provient de la caféine, des salicylates, ou du lait pouvant être rajouté dans le café. Dans tous les cas, le café est confirmé pour être un stimulant colique et modifierait la motricité gastrointestinale [Rao et al. 1998].

Les graisses:

Les graisses ont également été impliquées pour augmenter l’hypersensibilité intestinale [Simren et al. 2007].

L’application de ses différentes méthodes :

L’application des alimentations pauvres en FODMAP ou en composants chimiques des aliments nécessite le suivi par un diététicien-nutritionniste afin de trouver des aliments de substitution à ceux éliminés et de garantir une alimentation équilibrée. De plus, si ces alimentations sont appliquées sans l’aide d’un professionnel en nutrition, les patients risquent soit d’être trop stricts en éliminant inutilement trop d’aliments, soit de consommer par erreurs des aliments riches en FODMAP ou en composants chimiques ce qui restreint l’efficacité de ces méthodes. Pour conseiller ces méthodes, le diététicien doit être spécialisé dans ce domaine, et il doit bien maîtriser la composition des aliments et les tests de réintroduction.

Chaque alimentation est conseillée au cas par cas, en fonction des symptômes et des antécédents médicaux.

Conclusion de l’article :

Il y a de plus en plus de preuves démontrant que l’alimentation joue un rôle dans les troubles fonctionnels intestinaux. Ces approches ne permettent pas de guérir mais elles aident à réduire les symptômes et à améliorer la qualité de vie des malades. L’approche la plus efficace est l’alimentation pauvre en FODMAP car elle fonctionne chez 74% des malades. L’alimentation pauvre en composants chimiques des aliments est également une piste prometteuse mais son application est plus complexe et des études d’approfondissement sont nécessaires. L’hypersensibilité au gluten semble exister mais des études plus poussées ont besoin d’être réalisées pour comprendre le mécanisme. La caféine et les graisses semblent également jouer un rôle chez certains colopathes.

Ainsi, l’alimentation pauvre en FODMAP est l’approche la plus efficace sans engendrer de déficits nutritionnels et devrait être prescrite en première intention.

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Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 1.

L’alimentation pauvre en FODMAP n’est pas la seule approche thérapeutique pour gérer les symptômes digestifs tels que les ballonnements, les douleurs abdominales, les troubles du transit (diarrhée et/ou constipation) fonctionnels.

Les chercheurs, Pr Peter Gibson et Jacqueline S. Barrett ont étudié toutes les alimentations communément conseillées aux colopathes pour améliorer leur bien-être digestif et nous rendent leur analyse dans l’article scientifique : « FODMAPs and nonallergic food intolerance: FODMAPs or food chemicals? » publié dans le journal médical « Therapeutic Advances in Gastroenterology » en 2012. Ils ont analysé les malabsorptions aux FODMAP, l’hypersensibilité aux composants chimiques des aliments (ex: salicylates), l’hypersensibilité non coeliaque au gluten ainsi que d’autres approches thérapeutiques diététiques.

Résumé traduit de l’article :

Les colopathes font souvent le lien entre la consommation d’aliments et l’apparition de ballonnements, douleurs abdominales, accélération ou ralentissement de leur transit. Cependant, la digestion étant un phénomène complexe et la durée d’apparition des symptômes étant variables, les malades ont du mal à identifier précisément quels aliments ils tolèrent et lesquels sont problématiques.

Quant aux recherches, elles montrent qu’en effet, les intolérances alimentaires jouent un rôle dans l’apparition et l’aggravation des symptômes digestifs sans être la cause de la colopathie.

Dans le passé, les études ont porté sur la caféine, l’alcool, les fibres et les graisses comme facteurs aggravant des symptômes digestifs mais les preuves scientifiques sont faibles et souvent contradictoires [Francis and Whorwell, 1994; Olesen and Gudmand-Hoyer, 2000; Rao et al. 1998; Simren et al. 2001, 2007].

Plus récemment des composants alimentaires ont été prouvés pour contribuer à l’apparition et aggravation de symptômes digestifs. C’est le cas des FODMAP [Barrett et al.2010; Shepherd et al. 2008], de certains composants chimiques des aliments [Niec et al. 1998]. L’hypersensiblité – non coeliaque – au gluten pourrait également être mise en cause [Biesiekierski et al. 2010]. Ces réactions d’intolérance seraient dues au déséquilibre de la flore intestinale et à l’hypersensibilité viscérale dont souffrent les colopathes, et les symptômes d’intolérances alimentaires peuvent apparaître sur des durées variables et sont proportionnels à la dose ingérée  [Shepherd et al. 2008].

Partie 1 : L’intolérance aux FODMAP:

Les FODMAPs sont étudiés depuis les années 1980, et ont été prouvés comme étant des facteurs aggravants de symptômes digestifs dans plusieurs études. A l’inverse les études montrent que leur éviction est un traitement efficace qui réduit l’intensité et la fréquence de ces symptômes chez plus de 74% des colopathes [Staudacher et al. 2011; Shepherd et al., 2008; Shepherd and Gibson, 2006; Gibson and Shepherd, 2005; Goldstein et al. 2000; Nelis et al. 1990; Rumessen and Gudmand-Hoyer, 1988; Symons et al. 1992].

Le mécanisme des FODMAP a également été étudié. Plusieurs études [Barrett et al.2010; Ong et al. 2010] ont montré que les FODMAP sont faiblement absorbés par l’intestin grêle. Non-absorbés, les FODMAP peuvent, une fois arrivés dans le colon :

– attirer l’eau vers la lumière du colon par un mécanisme de pression osmotique et peuvent déclencher des diarrhées chez certains.

– être fermentés par les bactéries du colon. Cela induit une production de gaz (méthane/hydrogène) qui peut-être responsable de ballonnements, flatulences. La distension colique provoquée par la présence de ces gaz associée à l’hypersensibilité viscérale dont les colopathes souffrent sont responsables, quant à eux, de l’apparition de douleurs abdominales et des troubles de la motricité intestinale (accélération ou ralentissement du transit). Ainsi l’ingestion de FODMAP chez les personnes qui ont une flore intestinale productrice de méthane, leur induirait une constipation [Chatterjee et al. 2007; Fiedorek et al. 1990; Pimentel et al. 2003, 2006].

A l’inverse, l’alimentation pauvre en FODMAP a été démontrée pour minimiser la fermentation et les mouvements osmotiques ce qui permettrait de réduire l’intensité des symptômes digestifs.

Tous les colopathes ne réagissent pas de la même manière. Cela dépend de la capacité de digestion et d’absorption de chacune des catégories de FODMAP ainsi que de l’état de la flore intestinale de chaque personne.

La capacité d’absorption est variable en fonction des personnes et a été mise en évidence par des tests respiratoires à l’hydrogène et au méthane :

  • Personne n’a les enzymes pour digérer et donc absorber les fructanes et les GOS [Ong et al. 2010; Macfarlane et al. 2008; Rumessen and Gudmand-Hoyer, 1998; Saunders and Wiggins, 1981]
  • 57% des personnes malabsorbent le sorbitol et 20% malabsorbent le mannitol qui sont deux polyols [Yao et al. 2011; Evans et al. 1998; Fernandez-Banares et al. 1991; Langkilde et al. 1994]
  • 45% des personnes malabsorbent le lactose [Barrett et al. 2009]
  • 25% des personnes malabsorbent le fructose [Barrett et al. 2009]

En comparaison, la malabsorption de fructose, lactose, mannitol et sorbitol ne dépassent pas 18% chez les personnes saines  [Barrett et al.2009; Yao et al. 2011]

Les personnes souffrant de colopathie fonctionnelle, peuvent identifier leur malabsorption de chaque catégorie de FODMAP et donc adapter leur alimentation soit par tests respiratoires à l’hydrogène et au méthane (qui sont pratiqués par certains médecins et hôpitaux), soit  par des évictions puis des réintroductions d’aliments guidées par un diététicien-nutritionniste. Ce dernier pourra également donner des conseils pour veiller à conserver une alimentation variée et équilibrée, pour faire ses courses, cuisiner et manger à l’extérieur.

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