Et si vous preniez soin de vous et de votre ventre en 2016!

Je vous souhaite une excellente année 2016!

Que votre ventre dégonfle, que votre transit se régule, que vous puissiez retrouver le plaisir de sortir sans vous soucier de savoir où sont les toilettes, que vous puissiez trouver le plaisir de manger le plus varié possible sans vous inquiéter de savoir comment ça va passer !

Fini les maux de ventre : comment ne plus avoir mal au ventre...
Happy new year and happy gut (heureuse nouvelle année et joyeux intestins)!

Quand on a des problèmes digestifs, on déteste ses « boyaux », on culpabilise (ou les autres nous culpabilisent) en nous disant que c’est de notre faute (trop de stress, mauvais choix alimentaire….). Tout cela peut avoir un impact sur notre travail, nos relations amoureuses ou amicales, notre vie de famille. On aimerait être qu’un esprit, supprimer ce corps qui nous en fait baver quotidiennement.

Comme vous le savez, j’ai souffert pendant plus de 15 ans des mêmes symptômes digestifs que vous. J’ai réussi à diminuer mes symptômes de 95% notamment grâce à des changements dans mon alimentation. Alors si vous souffrez, gardez espoir… Peut être que vous aussi, vous allez sortir de ce tunnel infernal!

Pour cela, rien de mieux que de prendre le taureau par les cornes. Des solutions existent que ce soit au niveau des traitements médicamenteux, de l’alimentation, de la gestion du stress… Le seul moyen de connaitre la combinaison qui vous convient, c’est d’essayer. Des professionnels sérieux et qualifiés peuvent vous aider (médecins, diététiciens-nutritionnistes, hypnothérapeutes, ostéopathes…).

En tout cas, gardez en tête que toutes ces démarches doivent être faites dans le respect de vous même, et, par amour pour vous-même.

De mon côté, je vais continuer à vous informer sur mon blog sur les actus santé, à vous donner des idées de recettes ou d’aliments digestes ainsi que pleins d’autres surprises digestes et savoureuses. Je vous invite donc à rester connecté(e) 😉

A très bientôt

Témoignage de Jean-Christophe, 40 ans

« Apres une maladie intestinale à l’étranger, j’ai commencé à ressentir des douleurs quotidiennes au niveau du ventre accompagnées de ballonnements, diarrhées.

Deux passages aux urgences avec tout ce qui va avec (Echographie, Radio, analyse du sang et des selles) cependant  pour les médecins : le stress voir un petit trouble passager mais rien de plus.

Je me posai de plus en plus de questions car ces douleurs et désagréments ne s’arrentaient jamais Visite sur les forums et je découvre le Syndrome du côlon irritable et surtout du régime FODMAP.

Je contacte Julie Delorme pour un rendez-vous et en parallèle je rencontre un Gastro-entérologue qui me confirme de procéder au régime FODMAP.

Apres le premier Rdv avec Julie, j’entame ce régime résultat les douleurs et désagréments commencent à disparaître assez rapidement.

Depuis que j’ai commencé environ deux mois et après un ciblage des aliments perturbateur, je revis, je peux enfin profiter de chaque moment et apprécier de manger sans me poser de questions.

En plus étant sportif, j’ai aussi eu des conseils sur l’alimentation FODMAP pendant avant, pendant et après le sport.

Je remercie beaucoup Julie pour ces conseils et son écoute. »

Les édulcorants : faux-sucres ou faux-amis de nos intestins?

Combien d’entre vous ont déjà consommé ou consomment régulièrement des produits light ou sans sucres ?

faux sucres_ edulcorants

Tous ces produits contiennent des édulcorants or il faut savoir que ce ne sont pas les meilleurs amis de nos intestins…et pour preuve.

Un édulcorant est un produit ou substance ayant un goût sucré tout en étant peu ou pas calorique.

Parmi les édulcorants, on distingue :

  • Les édulcorants de charge. Ce sont des polyols ou sucres d’alcool (ex: sorbitol, mannitol, xylitol, maltitol…). On les trouve essentiellement dans les produits SANS SUCRES. Ils confèrent un goût sucré mais sont peu caloriques et surtout sont peu cariogènes. C’est pour cela qu’on les retrouve dans beaucoup de bonbons et chewing-gum sans sucres. L’inconvénient est que ces polyols ne sont que partiellement digérés et ils sont prouver pour provoquer des symptômes digestifs.
  • Les édulcorants intenses. Les plus connus sont l’aspartame (qui contient tout de même 4 calories/gramme!) et le sucralose. Ils ont un très fort pouvoir sucrant. Ils permettent donc d’alléger en calories de nombreux desserts et boissons sucrés. On savait déjà depuis quelques années que ces ingrédients soi-disant « miracles » pour les diabétiques et ceux qui veulent perdre du poids entretiennent le goût du sucré. De plus, depuis peu, les scientifiques pensent même qu’ils provoqueraient sur le long terme une modification de la flore intestinale qui entraînerait – entre autre – une intolérance au glucose. Pour faire simple, on pourrait donc en conclure que mettre quotidiennement une sucrette dans son café ou boire du sodas light contribuent à augmenter l’épidémie d’obésité et de diabète. On peut aussi se poser la question de leur influence chez ceux qui souffrent de maladies digestives (syndrome de l’intestin irritable, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et autres colites). En effet, ces maladies ont toutes en commun un déséquilibre de la flore intestinal. Je me pose donc la question suivante : la consommation d’édulcorants peut elle participer au dérèglement du microbiote observé dans toutes ces maladies digestives ?

Qu’en pensez-vous?

Bilan du congrès de neuro-gastroentérologie

Cette semaine j’étais au congrès du GNFG à Grenoble avec l’APSSII (Association des Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable).

Les conférences étaient passionnantes!

Voici les principaux points que j’ai retenus pour vous :

  • Côté Alimentation  :

L’alimentation exerce un rôle à la fois sur la flore et le transit gastro-intestinal. Et flore et transit intestinal s’influencent mutuellement.

L’alimentation (et le tabac) a un rôle dans l’apparition du SII et des MICI. Ainsi, la prévalence de ces maladies est largement supérieure dans les pays industrialisés (d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Australie) où on mange plus gras, plus raffiné, moins de fruits et légumes par rapport aux pays en voie de développement.

Des expériences sur des souris ont montré qu’une alimentation riche en graisses saturées et en sucre augmente la perméabilité intestinale, le déséquilibre de la flore intestinale et la sensibilité aux infections gastro-intestinales.

Une étude de Nouvelle Zélande confirme encore une fois l’efficacité de l’alimentation pauvre en FODMAP chez la majorité des personnes souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable.

Une étude américaine montre que l’ingestion du gluten peut altérer les fonctions de la barrière intestinale chez les patients souffrant du SII à tendance diarrhéique et ayant le profil génétique HLA DQ2 & HLA DQ8.

  • Côté médicaments : 

Pour les personnes souffrant du SII à tendance constipation, il existe depuis longtemps les laxatifs mais ceux-ci ont pour but de contrôler la constipation sans en combattre les causes et un patient sur deux est insatisfait du résultat.

Pour les autres traitements médicamenteux, il existe:

le prucalopride (Résolor®) qui est un agoniste 5HT4 et qui module le péristaltisme (=mouvements des intestins pour faire avancer le bol alimentaire). Il est commercialisé en France sur ordonnance, il est non remboursé par la sécurité sociale et il faut compter environ 80€ par mois de traitement.

Le lubriprostone  et le linaclotide qui agissent sur les sécrétions intestinale et stimulent la motricité intestinale.

Le lubriprostone est commercialisé en Suisse mais pas en France. Le Linaclotide n’est pas encore commercialisé en France. Aucune date de sortie n’est encore communiquée par le laboratoire.

A noter que l’effet indésirable principal de ces traitements est la survenue de diarrhée et leur efficacité varie de 8 à 22% par rapport au placebo.

– Avant de prendre n’importe quel médicament, il est indispensable de consulter votre médecin –

  •  Côté Hypnose :

Une étude suédoise montre que l’hypnose dirigée sur le tube digestif peut être un traitement efficace dans le SII réfractaire. Son action permettrait de prévenir  le stress, la somatisation, l’hypervigilance, l’anxiété et la dépression qui sont mis en cause dans l’augmentation de la sensibilité de la perception de la douleur typiques du SII.

  • Traitements expérimentaux:

La sensibilité des nerfs connectés entre le cerveau et les intestins peut perturber le transit, la douleur et l’inconfort ressentis chez les personnes souffrant du SII ou des MICI. Or la neurostimulation du nerf vague au niveau cervical pourrait réguler cette sensibilité et atténuer la réponse inflammatoire impliquées dans les MICI et le SII. Une étude pilote encourageante est en cours à Grenoble avec des malades souffrant de MICI.

 

J’ai également retenu 2 choses surprenantes de ce congrès:

– une étude montre que l’émission de moins d’une selle par jour peut être un élément prédictif de la maladie de Parkinson

– la manière dont un jeune enfant vit la séparation de sa mère et l’attention qu’elle lui porte peut engendrer des modifications structurales  irréversibles des régions cérébrales de cet enfant.

Lexique:

SII = Syndrome de l’Intestin Irritable

MICI = Maladies Inflammatoires Chronique de l’Intestin (maladie de Crohn, recto-colite hémorragique).

 

Les troubles fonctionnels intestinaux au congrès de gastroentérologie (JFHOD)

La semaine dernière a eu lieu le plus gros congrès francophone de gastro-entérologie, appelé JFHOD.

J’ai pu assister à des conférences très intéressantes sur les troubles troubles fonctionnels intestinaux (syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle), le microbiote (ou flore intestinale), les allergies et intolérances alimentaires.

Voici les principaux points abordés sur le syndrome de l’intestin irritable (ou SII):

Les causes du SII : il a été question de l’aspect génétique et de l’influence des facteurs environnementaux (dont l’alimentation), de la perméabilité intestinale, de l’influence des acides biliaires surtout dans la forme diarrhéique, de l’influence du microbiote (déséquilibré par des infections digestives, l’alimentation, le stress).

Les conséquences du SII : le SII entraîne une altération de la qualité de vie des patients avec une perturbation de la vie quotidienne, une altération du comportement global, et une absence de compréhension par les proches et les médecins.

Les pistes de traitements du SII évoqués : les médicaments, les probiotiques, l’alimentation (les FODMAP, les graisses, les fibres, l’hypersensibilité non coeliaque au gluten, les allergies)

La prise en charge du SII : le corps médical doit améliorer la prise en charge des personnes souffrant du SII en donnant plus d’informations sur la maladie, en répondant aux questions des malades, en faisant preuve d’empathie et de soutien, en ayant une meilleure écoute, en ayant un discours plus positif.

A ce congrès était présent l’APSSII qui est la seule association des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Allo docteurs a consacré son émission du 28 janvier sur le syndrome de l’intestin irritable

Ça faisait longtemps qu’on attendait (je ne sais pas pour vous mais moi, oui!) que la fameuse émission Allo Docteurs de France 5 parle du Syndrome de l’Intestin Irritable. Ils l’ont – enfin- fait, hier, avec comme invité le Pr Stanislas Bruley des Varannes, chef du service d’hépato-gastro-entérologie au CHU de Nantes.

Allo DocteursCe qu’il faut retenir de l’émission:

Le SII touche 10 à 20% de la population (enfants + adultes) et 1/3 des consultations chez le gastro-entérologue concerne ce syndrome.

Ce syndrome peut concerner l’ensemble du tube digestif: de la bouche à l’anus.

Les symptômes sont principalement :

  • un dérèglement du transit (diarrhée, constipation ou alternance des 2),
  • des ballonnements,
  • des excès de gaz,
  • et/ou des douleurs abdominales.

Cette maladie est invalidante et souvent incomprise par les proches.

Même si le stress peut être un facteur aggravant des symptômes, ce syndrome ne doit pas être considéré comme une « maladie imaginaire » mais comme une VRAIE maladie.

Les causes:

On dit que les intestins sont notre deuxième cerveau car il contient autant de neurones  (200 millions) que dans la moelle épinière et que ces neurones contrôlant les contractions des intestins, fonctionnent indépendamment de notre système nerveux central. Le SII serait du à une irritabilité de ce système nerveux intestinal et à un déséquilibre de la flore intestinale.

Les chercheurs ont également mis en évidence une hyper-perméabilité de la barrière intestinale chez les colopathes. Cette perméabilité intestinale laisserait entrer des bactéries, des microbes ou des toxiques alimentaires ce qui altère le fonctionnement des neurones intestinaux et entraîne des symptômes digestifs.

Le diagnostic:

Il est principalement basé sur l’examen clinique du malade par le médecin. Une coloscopie n’est pas systématique.

Les traitements:

Il n’y a pas un traitement universelle mais une approche à adapter à chaque patient avec, selon le Pr Bruley, 3 axes thérapeutiques à suivre dans l’ordre:

  1. Une prise en charge diététique essentiellement en ayant une bonne hygiène de vie et  en limitant la consommation des aliments problématiques. Ainsi, le Pr Bruley dit clairement que certains aliments sont plus susceptibles d’aggraver les symptômes. Il parle des édulcorants (sorbitol, mannitol), du fructose et du lactose – qui sont en fait des FODMAP.
  2. Une approche psycho-sociale avec essentiellement l’hypnose ou l’ostéopathie.
  3. Une approche médicamenteuse : il n’existe pas de médicament spécifique à l’heure actuelle traitant le SII. En ce qui concerne les probiotiques, les résultats des études sont très contradictoires et cela est du principalement au fait que la flore intestinale est très différente d’un individu à l’autre.

NB : la chirurgie n’a aucun intérêt dans le SII.

Le SII et les autres maladies:

  • Il n’y a pas de risques accrus de développer un cancer digestif.
  • Il n’y a pas de lien entre le SII et la sclérose en plaque, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les calculs à la vésicule biliaire, les AVC, les diverticuloses.
  • Les diabétiques sont plus susceptibles de développer le SII. En effet, la neuropathie qu’induit le diabète peut altérer le fonctionnement du tube digestif (retard de la vidange gastrique, mauvais fonctionnement de l’intestin grêle).

 

Quelques extraits du ch@t avec le Pr Bruley et du directeur de recherches de l’INSERM, Michel Neunlis:

  • Peut-on guérir d’un syndrome de l’intestin irritable ou bien sommes-nous contraint de vivre avec ?

A l’heure actuelle, il semble difficile d’affirmer que l’on peut guérir de cette maladie. Ceci est du principalement au fait que les causes et facteurs responsables de cette maladie restent encore largement inconnus. Ils sont multiples et associent des facteurs environnementaux (stress, alimentation, infectieux) et génétiques. Aussi, des efforts importants mais qu’il faut encore renforcer sont développés pour mieux comprendre les mécanismes de la maladies. Ceci permettra de proposer une approche thérapeutique plus personnalisée, qui est d’ores et déjà entrain de débuter et de porter ses fruits .

  • Qu’en est-il de l’intérêt du régime sans FODMAPs ?

Des études préliminaires ont montré que des régimes sans FODMAPs amélioraient certains symptômes dans certaines formes de SII. Elles doivent encore être confirmées et précisées. Néanmoins, les FODMAPS restent des éléments essentiels à la physiologie et au bon fonctionnement intestinal.

Cliquez ICI pour voir et revoir l’émission.

Cliquez ICI pour avoir accès au ch@t.

Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 2.

Voici la suite de l’article Plusieurs approches alimentaires pour améliorer les symptômes digestifs. Partie 1.

Les composants chimiques des aliments:

Pour déterminer si une personne est intolérante aux composants chimiques – naturels et synthétiques – des aliments (allergènes communs + salicylates, amines, glutamate), il est nécessaire de suivre un régime d’exclusion pendant 2 à 4 semaines suivi de tests de réintroduction.

Le mécanisme des intolérances aux composés chimiques est complexe. Ils stimuleraient les terminaisons nerveuses des personnes hypersensibles [Raithel et al. 2005]. En ce qui concerne la colopathie, des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer leur efficacité sur les symptômes digestifs.

Les salicylates sont présents dans certains fruits et légumes, certaines herbes et épices, les noix, le thé et le café. Les amines sont, quant à elles, présentent principalement dans le chocolat, les poissons et les viandes fumés, certains fruits et légumes. Les glutamates sont présents dans les fromages fermentés, la sauce au soja et utilisés comme additifs dans certaines préparations industrielles [Swain et al. 2009].

Il n’existe pour l’instant pas d’autres moyens de dépistage de ces hypersensibilités.

L’hypersensibilité au gluten:

En dehors de la maladie coeliaque, le régime sans gluten est de plus en plus pratiqué par le grand public pour gérer le syndrome de l’intestin irritable, l’hyperactivité, la fatigue chronique… mais les preuves scientifiques sont faibles.

Beaucoup de colopathes ressentent une amélioration de leurs symptômes en suivant le régime sans gluten. Le principal problème est qu’un grand nombre d’entre eux ne se font pas dépister au préalable pour la maladie coeliaque. Or, il est indispensable, pour faire les tests de dépistage de la maladie coeliaque, de consommer régulièrement du gluten. Dans le cas contraire, les résultats des tests sont faussés.

Une seule étude  confirme qu’il existe une hypersensibilité non-coeliaque au gluten [Biesiekierski et al. 2010] (c’est la seule étude dissociant le gluten des fodmap contenus dans le blé). Dans cette étude, 68% des colopathes ont ressenti une aggravation de leurs symptômes digestifs suite à l’ingestion de gluten contre 40% ayant ingéré un placébo. Toutefois, les mécanismes de cette hypersensibilité sont pour l’instant inconnus.

Le café :

Le café est souvent incriminé par les colopathes pour aggraver leurs symptômes digestifs. Cependant, on ne sait pas si cela provient de la caféine, des salicylates, ou du lait pouvant être rajouté dans le café. Dans tous les cas, le café est confirmé pour être un stimulant colique et modifierait la motricité gastrointestinale [Rao et al. 1998].

Les graisses:

Les graisses ont également été impliquées pour augmenter l’hypersensibilité intestinale [Simren et al. 2007].

L’application de ses différentes méthodes :

L’application des alimentations pauvres en FODMAP ou en composants chimiques des aliments nécessite le suivi par un diététicien-nutritionniste afin de trouver des aliments de substitution à ceux éliminés et de garantir une alimentation équilibrée. De plus, si ces alimentations sont appliquées sans l’aide d’un professionnel en nutrition, les patients risquent soit d’être trop stricts en éliminant inutilement trop d’aliments, soit de consommer par erreurs des aliments riches en FODMAP ou en composants chimiques ce qui restreint l’efficacité de ces méthodes. Pour conseiller ces méthodes, le diététicien doit être spécialisé dans ce domaine, et il doit bien maîtriser la composition des aliments et les tests de réintroduction.

Chaque alimentation est conseillée au cas par cas, en fonction des symptômes et des antécédents médicaux.

Conclusion de l’article :

Il y a de plus en plus de preuves démontrant que l’alimentation joue un rôle dans les troubles fonctionnels intestinaux. Ces approches ne permettent pas de guérir mais elles aident à réduire les symptômes et à améliorer la qualité de vie des malades. L’approche la plus efficace est l’alimentation pauvre en FODMAP car elle fonctionne chez 74% des malades. L’alimentation pauvre en composants chimiques des aliments est également une piste prometteuse mais son application est plus complexe et des études d’approfondissement sont nécessaires. L’hypersensibilité au gluten semble exister mais des études plus poussées ont besoin d’être réalisées pour comprendre le mécanisme. La caféine et les graisses semblent également jouer un rôle chez certains colopathes.

Ainsi, l’alimentation pauvre en FODMAP est l’approche la plus efficace sans engendrer de déficits nutritionnels et devrait être prescrite en première intention.

Cliquez ICI pour avoir accès à l’article original en entier

 

Les FODMAP. Un effet de mode ou un nouveau traitement pour la colopathie fonctionnelle?

Deux médecins chercheurs, Dr. Amol S.Rangnekar et Dr. William D. Chey, se sont posés cette question et ont analysé toutes les études portant sur l’alimentation et la colopathie. Ils livrent les résultats de leur analyse dans l’article « The FODMAP diet for Irritabel Bowel Syndrome : Food fad or roadmap to a new traitement paradigm? » paru dans le journal médical Gastroentérologie, volume 137, Issue 1, Pages 383-386, July 2009.

Veuillez trouver un résumé de cet article.Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez en dessous pratiquement l’ensemble de l’article que j’ai traduit pour vous ainsi que le lien pour avoir accès à l’article original.

En bref:

L’analyse de ces médecins chercheurs montrent qu’il parait évident que les symptômes digestifs de la colopathie et l’alimentation soient liées. Ils déplorent d’ailleurs le fait qu’il y ait si peu de recherches sur le sujet et que le corps médical le prenne si peu en considération alors que les colopathes le savent et le disent depuis longtemps (là dessus, je me permets de vous donner mon avis sur la question : les recherches sont généralement financées par les laboratoires pharmaceutiques or si l’alimentation est une solution thérapeutique efficace, manger différemment ne fera pas vendre de médicaments et donc pas de bénéfices à la clef pour les laboratoires… donc pas de financement, donc peu de recherches. Et les laboratoires donnent (ou sponsorisent) souvent des formations aux médecins et ils n’ont donc pas d’intérêt financier à parler d’autres approches).

L’apparition ou l’aggravation des symptômes digestifs chez les colopathes sont vraisemblablement plus liés à des problèmes d’hypersensibilités ou d’intolérances alimentaires qu’à des problèmes d’allergies vraies. Ainsi, les aliments riches en graisses et/ou en glucides fermentescibles (FODMAP) seraient impliqués dans le développement de symptômes digestifs, voire extra-digestifs des colopathes. Les chercheurs se sont penchés sur les mécanismes d’actions de ces aliments. En ce qui concerne les lipides, les aliments gras sont maintenant prouvés pour exercer des effets sur la motricité et la sensibilité viscérale. Quant aux FODMAP, leur mécanisme impliquerait plus un dysfonctionnement de la fermentation (différente et/ou amplifiée par rapport aux sujets sains?) de ces substances alimentaires par la flore intestinale qu’un problème purement lié à la maldigestion ou la malabsorption de ces substances. De plus, les FODMAPs expliqueraient également pourquoi certains colopathes se sentent améliorés en suivant le régime sans gluten.

Article traduit:

« La colopathie se manifeste par un ensemble de symptômes digestifs dont les douleurs abdominales et les troubles du transit. La présentation clinique des patients souffrant de colopathie est hautement variable. Il n’est donc pas surprenant qu’aucun marqueur biologique ou physiologique n’ait encore été identifié. […] La compréhension de ses différentes formes biologiques et physiologiques de colopathie doit être approfondie, ce qui permettra de faciliter le diagnostic et de trouver les traitements les plus appropriés en fonction de chaque patient. En attendant, seuls les symptômes peuvent nous guider dans la prise en charge des colopathes.

Un des traits cliniques marquant de la colopathie est le lien entre l’apparition de symptômes et l’ingestion d’aliments.  Ainsi, environ 2 tiers des colopathes associent leurs symptômes à l’alimentation […] (Digestion 2001;63:108–115). En dépit de cette constatation, il parait surprenant que peu de chercheurs se soient intéressés au rôle des aliments dans l’apparition des symptômes digestifs.

Les patients colopathes signalent souvent des « allergies » alimentaires. Cependant les études montrent que seul un petit groupe de patients est concerné par de vraies allergies révélées dans les tests sanguins aux IgE (Eur J Clin Nutr 2006;60:667–672). Les allergies alimentaires les plus fréquentes sont celles à l’arachide, aux fruits à coques, aux poissons, aux coquillages, au lait, à l’oeuf, au soja et au blé.

Les prévalences d’hypersensibilités et d’intolérances alimentaires sont quant-à-elles moins précises, mais paraissent être supérieures aux vraies allergies alimentaires (Ann Allergy 1989;62:94–99; Am J Gastroenterol 2005;100:1550–1557). Le rôle de l’alimentation dans les symptômes typiques de la colopathie est sous-évalué par rapport aux bénéfices qu’apportent certains régimes d’exclusion (J Am Coll Nutr 2006;25:514–522; Gut 2004;53:1459–1464) […].

Les symptômes des patients colopathes sont souvent exacerbés par la consommation d’aliments riches en graisses ou riches en glucides fermentescibles (Digestion 2001;63:108–115). Il est maintenant bien établi que les aliments riches en graisses affectent la motricité intestinale et le transit. Ainsi, les repas riches en graisses ralentissent la vidange gastrique et peuvent aggraver le reflex gastro-colique chez certains colopathes. De plus, Simren et al. a récemment démontré que des injections de lipides dans le duodénum induisent une hypersensibilité colique […]. Or, ces effets sont indépendants de la forme de colopathie, des facteurs psychologiques ou du sexe (Clin Gastroenterol Hepatol 2007;5:201–208). Par conséquent, il y a maintenant des preuves pour dire que les aliments gras exercent des effets sur la motricité et la sensibilité viscérale et seraient impliqués dans le développement des symptômes digestifs chez une partie des colopathes. 

Plusieurs études ont porté sur le rôle de la malabsorption et de la maldigestion des glucides chez les colopathes avec des résultats variables. D’anciens travaux de recherche ont porté sur la mauvaise digestion du lactose chez les colopathes. Certains d’entre eux suggèrent que la maldigestion du lactose est plus fréquente chez les colopathes, mais cela reste controversé (Am J Gastroenterol 2009;104[Suppl 1]:S1–S35). En réalité, la question n’est pas vraiment de savoir si la prévalence de l’intolérance au lactose est plus importante chez les colopathes que les personnes « saines ». Ainsi, les études suggèrent que les conséquences cliniques de l’intolérance au lactose sembleraient être plus importantes chez les colopathes que chez les sujets « sains ». Il semblerait raisonnable donc de dire que toute substance fermentescible non absorbée dans le colon puisse aggraver les symptômes digestifs dans la colopathie […]. Cela pourrait être du à la différence de la composition de la flore intestinale entre les colopathes et les sujets sains. Les taux d’amélioration symptomatique des colopathes sous régime sans lactose sont variables et oscillent entre 29% et 44% suivant les études (Eur J Gastroenterol Hepatol 2001;13:219–225).

Donc, si la réponse n’est pas seulement le lactose, quels sont les autres candidats alimentaires potentiels à prendre en considération? Les « Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides, And Polyols » ou « FODMAP » sont par définition des substances alimentaires hautement fermentescibles et pauvrement absorbées par l’organisme.  Suivre l’alimentation pauvre en FODMAP améliorerait les symptômes des colopathes par plusieurs mécanismes. Certains FODMAP ont un effet osmotique en attirant l’eau dans le colon (Scand J Gastroenterol 1992;27:819–828). De plus, la fermentation des FODMAP par les bactéries de la flore entraîne une production de production de gaz dans les intestins (J Nutr 1998;128:11–19).

Dans des expériences animales, les rats ayant ingéré des fructo-oligosaccharides (qui sont des FODMAP) ont développé une irritation et inflammation de la paroi du colon, et leur perméabilité intestinale a été augmentée. Les rats ayant ingéré des FODMAP ont également été plus nombreux à développer des colites après avoir été infectés par des salmonelles (Gut 2003;52:1572–1578). Les résultats de ces études pourraient donc expliquer le développement de colopathie fonctionnelle chez 7 à 30% des malades suite à un épisode aigu infectieux de type gastro-entérite (J Gastroenterol Hepatol 2005;20:381–386). Les FODMAP ont également été prouvés pour avoir un effet prébiotique en permettant la prolifération sélective de certaines espèces de bactéries de la flore comme les Bifidobactéries (Gastroenterology 1995;108:975–982). L’ingestion de FODMAP peut également avoir des effets extra-intestinaux typiques de la colopathie. Par exemple, l’intolérance au lactose et la malabsorption du fructose ont été associés à des états dépressifs et l’élimination de l’excès de fructose a été démontrée pour améliorer les symptômes dépressifs chez un certain nombre de patients colopathes (Scand J Gastroenterol 2000;36:1048–1052).

Une des catégories principales des FODMAP est le fructose. Le fructose est présent dans notre alimentation occidentale. Il peut être consommé sous forme de monosaccharide libre, sous forme de disaccharide dans le saccharose, ou polymérisé dans les fructanes. L’intestin humain n’a pas d’enzyme spécifique pour digérer ou transporter le fructose. Son absorption est facilitée par des transporteurs au glucose (GLUT 5 et GLUT 2), qui peuvent être débordés par l’ingestion d’une grande quantité de fructose (Gastroenterology 1988;95:694–700). L’absorption du fructose est bien meilleure en présence du glucose. De ce fait, la malabsorption au fructose est plus importante quand le fructose est ingéré seul par rapport à une ingestion associé à du glucose. Dans l’ensemble, la littérature scientifique suggère que la prévalence de malabsorption au fructose est similaire entre les patients colopathes et les sujets sains. Cependant, certaines études suggèrent que la malabsorption au fructose serait liée à l’apparition de symptômes digestifs chez une partie des colopathes (Aliment Pharmacol Ther 2007;25:349–363; Neurogastroenterol Motil 2008;20:505–511; J Clin Gastroenterol 2008;42:233–238). Dans l’étude de Shepherd et al, environ 30% des colopathes sont incapables de tolérer des grandes quantités en fructose et fructanes alors que ce n’est pas le cas chez les patients non colopathes –  que ces derniers aient ou non une malabsorption au fructose. Cela suggère que les ramifications cliniques de malabsorption de fructose ou de fructanes peuvent être différentes chez les colopathes par rapport aux sujets sains.

Une autre catégorie de FODMAP est les fructanes, que l’on trouve par exemple dans le blé ou  le seigle. La piste des FODMAP expliquerait la croissance de prévalence aux anti-corps anti-gliadine chez les colopathes non coeliaque  (Gastroenterology 2007;132:A-147[#986]) ou expliquerait l’amélioration des symptômes chez les colopathes suivant le régime sans gluten (Clin Gastroenterol Hepatol 2007;5:844–850).

Bien que le corps médical ait pendant longtemps ignoré cette information, il y a de plus en plus de preuves prouvant que l’alimentation et les symptômes de colopathie fonctionnelle sont liés. […] (Neurogastroenterol Motil 2008;20:1189–1203).  Heureusement les résultats des équipes de chercheurs, à l’image de celle du Dr Shepherd, donnent envie de continuer à approfondir les recherches sur l’alimentation et la colopathie avec pour but de mieux comprendre les effets de certains aliments et substances alimentaires sur les fonctions immunitaires, motrices et sensorielles du tube digestif et sur la flore. De telles recherches permettraient de crédibiliser et développer les approches diététiques dans la gestion de la colopathie et de répondre aux attentes des colopathes. Espérons que cette fois-ci le corps médical en tiendra compte! »

 

Lien de l’article original:

Cliquez ici pour avoir le lien vers l’article en question

 

 

Le microbiote (flore intestinale) en ligne de mire des troubles fonctionnels intestinaux

On sait depuis longtemps que le microbiote (c’est à dire la flore intestinale) joue un rôle primordial dans la colopathie. D’ailleurs, 18% des personnes développent des troubles fonctionnels intestinaux (TFI) suite à une gastro-entérite (qui est une infection bactérienne).

La recherche dans ce domaine avance. Grâce aux techniques de génomique (étude de l’ADN des bactéries de la flore), les chercheurs ont ainsi démontré qu’il existe une différence quantitative et qualitative du microbiote chez les personnes souffrant de TFI. Ils commencent à étudier les interactions entre l’hôte (l’individu) et le microbiote. Ainsi, les chercheurs travaillent sur l’hypothèse que l’altération du microbiote serait à l’origine d’une hyper-perméabilité intestinale et de l’hypersensibilité neuronale intestins-cerveau.

L’alimentation joue un rôle primordial dans la composition du microbiote. Le graphique ci-dessous met d’ailleurs en évidence les compositions différentes du microbiote entre un enfant vivant en Afrique qui suit une alimentation riche en glucides (sucres) complexes et un enfant italien suivant une alimentation occidentale. Impressionnant, non?Microbiote et alimentation

Comment réguler la flore? Certains régimes alimentaires (dont l’alimentation pauvre en FODMAP), probiotiques et antibiotiques sont des méthodes thérapeutiques prometteuses pour rééquilibrer le microbiote.

Retrouvez plus d’informations sur le site de la fondation de Rome (qui est l’organisation internationale de l’étude des troubles fonctionnels intestinaux).