Comment allez-vous ?

On vous a – et vous avez – certainement posé la question plusieurs fois aujourd’hui. En fait, l’expression complète est « Comment allez-vous à la selle? » et elle date du temps de Louis XIV.

Pour répondre correctement à cette question, on peut se demander alors ce qu’est un transit parfait. Beaucoup pensent que c’est aller à la selle une fois par jour. Pas forcément. Disons qu’un transit normal c’est ni avoir la diarrhée, ni être constipé.

Or, la diarrhée est médicalement définie par des émissions quotidiennes trop fréquentes de selles trop abondantes (poids supérieur à 300 g/j), liquides ou très molles (consistance 6 ou 7 sur l’échelle de Bristol ci-jointe). En pratique, on parle de diarrhée lorsqu’il y a au moins 3 selles très molles à liquides par jour.

La constipation est, quant à elle, définie médicalement comme l’émission de selles dures (consistances 1 et 2 sur l’échelle de Bristol ci-jointe), de faible volume (moins de 50 g par jour) et moins de selles hebdomadaires. En pratique, elle peut aussi correspondre à une insatisfaction lors de la défécation, induite soit par la sensation d’évacuation incomplète, soit par la  difficulté pour exonérer, soit par les deux.

Echelle de Bristol

Echelle de Bristol 

En conclusion, vous pourrez répondre que vous allez bien si vos selles ont la consistance 3, 4 ou 5 la majorité du temps, si vous y allez moins de 3 fois par jour et plus de 3 fois par semaine, et, surtout, si vous n’avez d’inconfort ou de douleurs associés.

A l’inverse, si votre transit est perturbé (sans cause organique), il existe une multitudes de méthodes médicamenteuses, alimentaires ou autres pouvant vous aider à réguler votre transit.

 

Est-ce que le Pentasa est efficace sur le syndrome de l’intestin irritable à tendance diarrhéique?

Les résultats d’une étude anglaise de qualité – faite avec 136 volontaires pendant 3 mois et versus Placebo –  sur le médicament Pentasa et le Syndrome de l’intestin Irritable à tendance Diarrhéique (SII-D) ont été publiés récemment.

Ceux qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin connaissent certainement ce médicament. C’est un anti-inflammatoire intestinal très souvent prescrit pour traiter la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Cette étude se justifiait car il existe beaucoup de points en commun entre les MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques des Intestins) et le SII. Ces 2 affections présentent un déséquilibre de la flore intestinale et des symptômes en communs (dont trés souvent la diarrhée… d’où le fait que cette étude ait porté sur le SII-D et non celui à tendance constipation).

Cependant ces 2 affections sont bien distinctes. Les MICI sont caractérisées par un état inflammatoire important (élévation notable des marqueurs de l’inflammation) alors que, dans le SII, on parle de micro-inflammations. Avoir une MICI augmente certains risquent de développer des maladies graves directes comme un cancer, ce qui n’est pas le cas pour le SII.

Enfin, ces affections peuvent être associées car il n’est pas rare qu’une personne atteinte de MICI souffre également du SII.

Bref, tout ça pour dire que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le Pentasa n’a pas eu les résultats escomptés sur les symptômes de douleurs et transit des personnes souffrant du SII à tendance diarrhéique.

 

 

Dépistage de l’intolérance au gluten à faire à la maison

Si vous vous posez la question de savoir si vous êtes intolérant(e) au gluten, il est fortement conseillé d’aller consulter votre médecin afin qu’il vous prescrive un dosage sanguin en anti-corps antitransglutaminase IgA et total IgA puis si nécessaire un fibroscopie avec biopsie.

Malheureusement, dans certains cas, les médecins refusent de faire faire le dépistage sanguin de la maladie coeliaque  (Ce qui est bien dommage puisque seulement 20 à 30% des cas sont diagnostiqués!). Dans ce cas, soit vous pouvez changer de médecin, soit vous pouvez faire une sorte de pré-dépistage à l’intolérance au gluten à la maison.

Les avantages : c’est rapide, très pratique. ça ressemble à un test de grossesse à faire avec une goutte de sang et non d’urine!

Les inconvénients :

  • ce n’est pas fiable à 100% mais vous pouvez vous fiez à 98% à un résultat négatif et à 60% à un résultat positif. Cela signifie notamment que si le test est positif, il est fortement conseillé d’aller faire vérifier le diagnostic par un médecin d’où mon terme de « pré-dépistage ». (cf Etude des tests de dépistage intolérance au gluten maison)
  • ce n’est pas remboursé par la sécurité sociale, cependant le prix reste correct en coûtant environ 20€.

Exemple de marques : glutentest et Biocard

Résultat test Gluten check

Résultat test Gluten check

 

ATTENTION : dans tous les cas, ne commencez jamais un régime sans gluten sans avoir été dépisté pour la maladie coeliaque. Suivre une alimentation sans gluten fausse les résultats des examens de dépistage de l’intolérance au gluten.

Votre régime sera très différent si vous devez juste limiter le blé pour améliorer votre confort digestif ou si vous devez suivre un régime strict sans gluten à vie pour votre santé !

Efficacité de l’alimentation pauvre en FODMAP sur les symptômes digestifs liés à l’endométriose

L’endométriose est une maladie chronique, généralement récidivante qui touche 1 femme sur 10, en âge de procréer.

endométriose

endométriose

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. À la fin du cycle menstruel, s’il n’y a pas eu fécondation, une partie de l’endomètre (qui se renouvelle constamment) est évacuée avec les menstruations.

L’endométriose se caractérise par la formation de cet endomètre en dehors de l’utérus. Le plus souvent il se développe: sur les ovaires; sur les trompes de Fallope; sur les ligaments soutenant l’utérus; sur la surface extérieure de l’utérus.

Les symptômes les plus souvent associés sont des douleurs gynécologiques, des problèmes de fertilité et des symptômes digestifs (douleurs abdominales, problèmes de transit, ballonnements, gaz).

Une étude neo-zélandaise (Judith S. Moore et al, 2015) portant sur 160 femmes a démontré que l’alimentation pauvre en FODMAP réduit les symptômes digestifs chez 75% des personnes souffrant d’endométriose.

Les bactéries nous colonisent avant la naissance

Bonjour,

Vous qui souffrez de maux de ventre, vous devez savoir à quel point notre microbiote intestinal (anciennement appelé flore intestinal) est important et passionnant. Et pour cause : tout nos problèmes digestifs – et pleins d’autres – viennent d’un déséquilibre quantitatif et qualitatif de ce microbiote. Il est donc important de prendre soin de nos petites bê-bêtes dès le début de leur arrivée dans notre tube digestif.

La recherche avance dans ce domaine.

La colonisation du foetus

Jusqu’à présent nous pensions que le foetus était logé dans le ventre de sa mère dans un milieu stérile et que le début de la colonisation ne se faisait qu’à partir de l’accouchement.

Lors d’une conférence au congrès de neuro-gastroentérologie à laquelle j’ai assisté, ils ont parlé d’une étude récente qui prouve le contraire.

Ainsi, une équipe de chercheurs (Aagaard et al. 2014) a démontré que le placenta possède un microbiote dont sa composition serait très similaire à celle de la bouche de la maman. Ils ont également mis en évidence que les mères ayant accouché avant terme avaient un microbiote placentaire différent des autres.

On peut donc supposer que l’alimentation de la mère enceinte puisse influençait la composition du microbiote  et donc la future santé de son bébé.

Ceci renforce le fait qu’il est important de bien se nourrir enceinte.

 

Viandes rouges, charcuterie et cancers colo-rectaux

L’information de la semaine concerne les viandes rouges et charcuterie. C’est une information importante puisque 25% des cancers colo-rectaux sont directement liés à leur consommation excessive.

viande-fourchette

Il ne s’agit pas de les arrêter car leur consommation permet d’apporter du plaisir, des protéines et du fer (en tout cas pour les viandes rouges) .

Cependant pour limiter leurs effets néfastes, il est conseillé de :

  • ne pas dépasser 400g de viande rouge (boeuf, agneau, canard) et 100g de charcuterie (y compris le jambon) par personne adulte et par semaine
  • ne pas carboniser la viande
  • consommer en moyenne et au minimum :  1 cuillère à soupe de colza et 1 cuillère à soupe d’huile d’olive par jour et par personne pour apporter une action anti-oxydante grâce à la vitamines E
  • bien apporter des fibres pour limiter le contact entre les agents toxiques et les muqueuses intestinales en mangeant des  fruits et/ou des légumes et des céréales complètes digestes

 

Quoi de neuf pour le Syndrome de l’Intestin Irritable?

Voici les principales actualités sur le syndrome de l’intestin irritable selon la Fondation internationale des troubles fonctionnels gastro-intestinaux :

Le Journal des intestins sensibles

  • 90% de la sérotonine (=hormone du bien être) sont produits par les intestins et seulement 10% par le cerveau. Beaucoup d’affections dont le syndrome de l’intestin irritable et la dépression sont liées à une altération de la production de sérotonine.
  • L’éviction du gluten en plus du régime pauvre en FODMAP n’apporte pas de bénéfices supplémentaires aux colopathes et rend leur alimentation plus compliquée à suivre.
  • La sévérité des douleurs abdominales des colopathes semble être proportionnelle à l’augmentation de la sensation du bol alimentaire dans le ventre. L’hypersensibilité viscérale nerveuse doit donc être prise en compte dans les traitements.
  • Les personnes ayant le syndrome d’ intestin irritable ont plus de maux de tête et de douleurs lombaires par rapport à la population « normale ».
  • Les méthodes de biofeedback semblent être efficaces chez les personnes souffrant de constipation terminale.
  • Le yoga et l’hypnose sont des méthodes pouvant aider à réduire les symptômes digestifs et la qualité de vie des colopathes.
  • Il est recommandé que l’application de la phase stricte de l’alimentation pauvre en FODMAP soit limitée à 4 semaines et soit expliquée par un diététicien-nutritionniste. Cela permet de garantir une alimentation équilibrée et d’éviter de perturber les « bonnes » bactéries de la flore intestinale.
  • L’étude française nutrinet a montré que chez les femmes, un Indice de Masse Corporel  (IMC) élevé est associé à une probabilité plus forte d’avoir une SII à tendance diarrhéique, et, chez les hommes, un IMC faible augmente les risques de développer un SII.
  • L’exercice physique aurait un impact positif sur la composition de la flore intestinale.
  • La peur d’avoir des symptômes intestinaux dégraderait plus la vie d’un colopathe que l’intensité des symptômes ressentis.

 

Gluten : 2/3 des intolérants diagnostiqués à tort

Lundi, j’ai été interviewée par Mélanie Lepoutre dans l’émission du 12/14 sur SUD RADIO au côté de Brigitte Jolivet, la présidente de l’AFDIAG (Association Française des Intolérants au Gluten) et de Véronique Olivier, la porte parole de l’AFPRAL (Association Française de Prévention des Allergies).

Interview sud radio

Interview sud radio

Le thème : « Gluten : 2/3 des intolérants diagnostiqués à tort »

Cette émission s’est basée sur les résultats d’une étude italienne sur l’hypersensibilité au gluten non coeliaque.

Voici le résumé de l’étude :

Cette étude porte sur 40 volontaires se prétendant hypersensibles au gluten (mais dont il a été vérifié qu’ils n’ont pas la maladie coeliaque). Ils doivent d’abord suivre un régime sans gluten pendant 6 mois. Puis ils sont divisés en 2 groupes dont les participants doivent rajouter 10g de farine par jour. Il y a deux types de farines : une farine qui contient du gluten et l’autre non. Les participants doivent rajouter une des deux farines quotidiennement pendant 10 jours, puis faire une pause pendant 2 semaines, puis recommencer avec l’autre farine. Cette expérience est faite en double aveugle, c’est à dire que ni les volontaires, ni les investigateurs ne savent quel sachet de farine contient du gluten. Les volontaires doivent évaluer leurs symptômes digestifs et désigner à la fin de l’expérience le sachet de farine contenant du gluten.

Les résultats montrent que les 2/3 des personnes se disant intolérants au gluten (hors maladie coeliaque) se trompent dans la désignation du sachet de farine contenant le gluten.

Il est important de noter que dans cette étude, il n’y a pas d’évaluation, ni de contrôle de la quantité de FODMAP ingérée par les volontaires et que les 2 types de farines avec et sans gluten contiennent toutes deux des FODMAP.

Selon les chercheurs de l’étude, une intolérance aux FODMAP serait une des principales raisons pour expliquer pourquoi autant de volontaires se seraient trompés !

L’émission était trop courte, ce sujet méritait d’être plus débattu!

Pour écouter l’émission, cliquez ci-dessous:

 

 

 

Maux de ventre et troubles du transit : est-ce grave docteur ?

Vous souffrez peut être de ballonnements, de douleurs abdominales, de diarrhée et/ou de constipation. Ces symptômes digestifs peuvent correspondre à un « simple » (dans le sens où ils peuvent vous pourrir la vie mais sans avoir d’impact direct sur votre santé) syndrome de l’intestin irritable (SII) ou à une maladie organique. Ainsi, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, les colites lymphocytaires ou collagènes,  des troubles hormonaux (hyper ou hypothyroïdie), un cancer ou d’autres pathologies peuvent engendrer des symptômes digestifs semblables à ceux du SII.

Présentez-vous des signes d’alarme ?

  • signes alarmantsVos symptômes ont débuté après l’âge de 50 ans
  • Du sang est présent dans vos selles
  • Vous avez de la fièvre
  • Vous avez perdu plus de 5kg sans raison
  • Vos symptômes vous réveillent la nuit
  • Des membres de votre famille proche ont eu un cancer digestif, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

 

Si vous présentez un ou plusieurs signes d’alarme, cela ne signifie pas obligatoirement que vous avez une maladie organique mais il est vivement conseiller de consulter votre médecin.